Février 2008
Un week-end qui me fait rêver

Je reviens de Sebring, en Floride, où je suis allé effectuer des tests pendant toute la fin de semaine avec l’écurie PKV. Honnêtement, ça n’aurait pas pu mieux se dérouler et mon souhait le plus cher, aujourd’hui, est de m’aligner avec cette équipe la saison prochaine.

J’ai pris part à un total de cinq séances d’essais et chaque fois, je suis parvenu à obtenir de bons résultats. L’équipe a été très satisfaite de mon travail, on m’a trouvé rapide. Il y a une belle chimie qui s’est rapidement installée entre les ingénieurs, les mécaniciens et moi. Tout s’est fait de façon naturelle, comme si on avait toujours travaillé ensemble. Ça a vraiment connecté avec tout le monde.

Je me suis très bien entendu avec Oriol Servia. On n’avait pas mal les mêmes feelings au niveau de la voiture. À un certain moment, on avait deux voitures réglées différemment, mais on arrivait quand même à des résultats presque similaires. C’était plaisant de voir que je pouvais concurrencer avec lui avec une approche différente.

Quand Oriol et moi nous retrouvions dans les puits, on jasait des différents comportements de nos voitures et on était très souvent sur la même longueur d’ondes. C’est bon, parce que ça installe déjà un certain climat de confiance, ça prouve qu’on est capable de travailler ensemble dans un seul but, celui de faire rouler les voitures de l’équipe en avant.

Il ne reste plus qu’à espérer que tout ça aboutira à quelque chose de positif. J’ai eu l’opportunité de voir ce que je pouvais faire dans une bonne voiture au sein d’une équipe de haut niveau et ça ne m’en prenait pas plus pour me mettre à rêver à gagner, un jour, un championnat.

Une chose est sûre, c’est tout un contraste avec l’année passée. Chez RSPORT, il y avait du potentiel, mais seulement si les deux équipes, Rocketsports et RuSPORT, étaient restées fusionnées. Ça ne s’est pas produit et une foule de problèmes en ont découlé, des problèmes qu’une équipe ne peut pas se permettre de rencontrer trop souvent.

La grosse différence avec PKV, c’est qu’elle travaille depuis longtemps dans l’optique de devenir une équipe de pointe. C’est le mandat que se sont donnés Jimmy Vasser et Mark Johnson depuis un bon moment : faire en sorte que l’équipe aspire aux grands honneurs, rien de moins. PKV opère également avec un budget plus important et met beaucoup d’efforts dans le développement dans le but de rétrécir l’écart avec l’écurie Newman Haas, qui est présentement l’équipe à battre.

À cet égard, on a vu des résultats concrets dès la fin de la saison dernière. Oriol s’est amené avec l’équipe pour les deux dernières courses et a fait la pôle position en Australie en plus de se qualifier troisième au Mexique. Il a ensuite continué son bon travail en essais et les patrons ont commencé à se rendre compte qu’avec un pilote d’expérience, les résultats étaient encourageants. Ça a piqué leur curiosité, ils se demandaient si la voiture était déjà rendue au niveau qu’ils espéraient atteindre.

Tout ça pour dire qu’ils ont un objectif clair, soit d’être les meilleurs, et qu’ils sont près à faire toutes les démarches nécessaires pour y arriver.

Pas de plan B

J’ai de bonnes raisons d’être optimiste dans mes tentatives de dégoter un contrat avec PKV. En fin de semaine, je n’étais pas en compétition avec d’autres pilotes pour mériter le deuxième volant disponible. Je n’ai pas eu à me battre avec personne. J’étais seul avec Oriol, comme si l’équipe était déjà formée. En plus, on a déjà commencé à parler de commanditaires et de budget.

Les ingénieurs ont été surpris de mes connaissances et de mon implication au niveau technique même si, comme je ne suis pas sous contrat avec l’équipe, ils ne pouvaient pas être très ouverts. C’est logique : on ne pouvait pas vraiment discuter de la voiture ouvertement parce qu’on ne savait pas si j’allais la piloter cette année. Ils avaient donc des réserves et les discussions étaient somme toute très superficielles, mais les gars étaient quand même impressionnés. Ça augure donc très bien si je suis appelé à travailler officiellement avec eux.

La situation dans laquelle je me retrouve est très motivante. Je réalise maintenant que tout ce qui m’est arrivé est peut-être un mal pour un bien, parce que maintenant que j’ai goûté au professionnalisme et au sérieux d’une équipe de haut niveau, je ne veux plus jamais retourner à un endroit qui n’est pas à la hauteur de ces conditions. C’est pourquoi c’est un peu stressant de ne pas savoir si ça va fonctionner avec PKV, parce que je n’ai pas de plan B. Mon plan, c’est de rouler avec eux. Je ne veux rien d’autre.

Depuis toutes ces années, je sens que j’ai fait ma part pour la série. J’ai travaillé super fort pour la supporter, pour intéresser des commanditaires à y demeurer associés. J’ai mangé mon pain noir. J’ai aidé des équipes à s’améliorer techniquement, je suis parti à zéro avec des équipes qui n’avaient aucune expérience avec différents châssis. Je veux maintenant qu’on me donne la chance de gagner. Placez moi dans une équipe en reconstruction et c’est certain que je vais pouvoir aider, mais j’ai prouvé que je suis de calibre pour rouler en avant dans un bolide qui m’en donne la chance. C’est maintenant le temps que je puisse le faire.

Le temps nous dira si ça va fonctionner, mais je m’estime dans une bonne position. Selon moi, d’ici deux semaines, tout devrait être réglé.

Le Champ Car n’a pas besoin d’aide

La série Champ Car a beaucoup fait parler d’elle dernièrement quand des nouvelles rumeurs de fusion avec l’IRL ont fait surface. Voici ce que je pense de tout ça.

Comme la plupart des observateurs, je crois qu’il serait fantastique d’avoir une seule série. On pourrait bâtir un calendrier avec les meilleures courses des deux entités, ce qui nous permettrait entre autres de participer au Indy 500, et le calibre serait assurément plus relevé. Comme on dit, deux têtes valent mieux qu’une et je crois que c’est aussi vrai dans la situation qui nous intéresse. Ceci étant dit, ça ne veut pas dire que le Champ Car ne peut pas bourgeonner en tant que série unique.

Il ne faut pas oublier que la série Champ Car a été rachetée après une faillite de son ancien propriétaire. Simplifions la situation et supposons, par exemple, que c’est moi qui aie fait faillite avec ma compagnie et que vous désirez vous en porter acquéreur. Ce n’est pas vous qui avez fait banqueroute, c’est moi, mais vous achetez un nom auquel je suis associé et malheureusement, les gens vous jugent par rapport à ça. Vous aurez probablement de la difficulté à obtenir un prêt à la banque, par exemple, parce qu’on ne vous fera pas confiance.

C’est le problème auquel fait face la série Champ Car. Oui, elle a fait faillite. Oui, elle s’en allait dans le trou. Mais pas avec les gens qui la supportent et qui la financent présentement.

Pour cette raison, la série prend du temps à en arriver où elle veut, mais il faut garder l’esprit ouvert. C’est vrai qu’il y a du pain sur la planche, mais c’est une question de crédibilité plus que d’autre chose. On a besoin de vedettes, de gros noms et du support des gens. Il suffit de l’arrivée d’un commanditaire majeur pour que tout prenne son envol. Ce jour va arriver, parce que la série a tout pour connaître du succès.

Je ne suis pas Nostradamus et j’ignore ce qui va se passer l’an prochain. Ce que je peux dire, c’est que je suis satisfait de la façon dont les choses fonctionnent en ce moment. La saison 2008 s’annonce encore meilleure que celle qui est derrière nous. Il suffit que tout le monde continue d’y croire.

 

 

11 novembre 2007 - C’est évident qu’en terminant 13e lors de l’épreuve de Mexico, je n’ai pas mis fin à ma saison comme j’aurais aimé le faire. Pour moi, la dernière année aura été ponctuée de hauts et – surtout - de bas et tout ce qu’il me reste à faire, c’est de laisser le passé en arrière et me concentrer vers l’avenir.

Au début de l’année, la fusion des écuries RuSPORT et Rocketsports me permettait d’être très optimiste et j’étais rempli d’espoir. Je travaillais avec un excellent coéquipier, Justin Wilson, qui me motivait à repousser mes limites et à devenir meilleur. Je n’avais aucune difficulté à tenir mon bout et j’étais très satisfait, très confiant.

Puis, malheureusement, les choses se sont gâtées. Ça ne revient pas à moi d’expliquer pourquoi, mais l’équipe a décidé de se séparer et chacun est retourné de son côté. On a perdu l’avantage de pouvoir travailler en équipe avec tout ce que ça comporte. Ça a commencé par la perte d’accès à certaines informations, puis à certaines pièces. Finalement, mon ingénieur a décidé de traverser la clôture et de rester avec RuSPORT. Il y a eu un paquet de petites chicanes internes, l’intérêt de plusieurs membres de l’équipe s’est mis à diminuer et on a perdu beaucoup de plumes. J’ai eu quelques accrochages avec mon propriétaire, Paul Gentilozzi, des petits conflits qu’on essaie encore de régler.

Ce fut vraiment le genre de saison qu’aucun pilote ne souhaite connaître. On a manqué de constance, on a manqué de stabilité, on a manqué de tout. Comme je vous l’ai souvent expliqué dans mes chroniques précédentes, on a perdu des opportunités hallucinantes dans plusieurs courses. Je n’ai jamais abandonné et j’ai continué de donner tout ce que j’avais, mais ce n’était pas facile.

L’épreuve mexicaine résume bien ma fin de saison. Quelques pilotes, dont Oriol Servia et Paul Tracy, m’appelaient pour me demander ce qui se passait avec ma voiture. Ils ne comprenaient pas comment ils pouvaient me passer aussi aisément, ils disaient que j’avais l’air de m’en aller tout croche. Je ne savais pas vraiment quoi leur répondre…

Parfois, quand les choses commencent à moins bien aller, tu as beau essayer de changer tout ce que tu veux, de tenter l’impossible pour freiner tes déboires, on dirait que tes malheurs ne font que prendre de l’ampleur. Dans un sport aussi compétitif que la course automobile, si tu veux avoir le droit de rêver au succès, tu dois être constant et ne laisser aucun détail au hasard. Ce n’est pas ce qu’on a fait. On attendait toujours le miracle, la chance, l’abandon des autres pour obtenir de bons résultats. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne!

On aurait pu avoir une très bonne saison, mais on a été incapable de tirer avantage des possibilités qui se sont présentées à nous comme équipe. À la toute fin, on s’est retrouvé au point de départ, comme c’était avant la fusion, quand on était horrible et que rien ne fonctionnait.

L’avenir est encourageant

Malgré tout, j’ai connu de bons moments. Mon association avec mon partenaire H. Grégoire s’est poursuivie pour une troisième année et nous resterons unis l’an prochain. Je suis devenu représentant pour le Tour du Vainqueur avec Wal-Mart, Tide, Proctor & Gamble. Je crois que dans l’avenir, ça sera dans le meilleur intérêt de la série Champ Car de travailler en équipe avec tous ces partenaires pour faire en sorte d’être bien représentée au nord des États-Unis. Je sais aussi qu’un organisateur comme Lawrence Stroll, à Tremblant, veut me voir de retour dans la série.

J’ai eu l’opportunité de participer à deux courses en NASCAR Canada, où je me suis qualifié deux fois dans les trois premiers. J’ai eu quelques problèmes avec la voiture, mais on m’a promis un bolide compétitif si jamais je décidais de répéter l’expérience l’an prochain.

Mon agent et moi avons une importante rencontre prévue à Montréal avec un commanditaire très important qui pourrait détenir la clé de mon avenir dans une équipe de pointe en Champ Car. Je n’ai présentement aucune attache avec une écurie de la série, je suis libre comme l’air, et ce que je recherche, c’est évidemment l’opportunité de remporter des épreuves. C’est ma priorité. Quand je suis dans une bonne voiture, l’esprit en paix, je suis à mon meilleur. Certains journalistes américains ont dit que j’étais un des trois pilotes de la série capables de tenir une voiture en piste sans l’accidenter. C’est certainement quelque chose qui pourrait jouer en ma faveur.

Si vous lisez entre les lignes, vous comprendrez que je ne compte pas être de retour avec Rocketsports. De toute façon, je ne sais même pas si cette équipe va exister l’an prochain. J’ai entendu toutes sortes de rumeurs, mais je ne suis pas allé au fond de l’histoire. Je préfère m’occuper des mes propres affaires.

Si je suis capable de me trouver une place au sein d’une équipe de pointe, mes bons résultats pourraient engendrer tellement de choses positives pour moi au niveau des commanditaires et de la visibilité de la série au Canada. Je vais donc me croiser les doigts au cours des prochaines semaines, des prochains mois.

Ça ne m’arrêtera quand même pas de voir ce qui peut s’ouvrir pour moi ailleurs. Je travaille sur quelques projets, sur d’autres possibilités. On pourrait dire que j’ai un plan B. Je ne peux pas en dire trop pour l’instant, mais je peux vous assurer que mon premier choix, c’est le Champ Car.

Je ne suis pas satisfait de la façon dont ma saison s’est déroulée. Je veux recommencer à zéro avec une bonne équipe qui va me permettre d’exploiter mon talent à son maximum. Tout le monde à qui je parle est de mon avis. Ce n’est pas sain, ce n’est pas normal d’avoir à travailler dans les circonstances que j’ai connues cette année. Je ne veux pas rester avec ce goût amer en bouche.

Dans ma tête, je revois les souvenirs de mon début de saison et c’est ce que je veux revivre pour une saison complète. C’est pour ça que mon désir premier est de revenir en Champ Car et je crois que les chances sont excellentes.

J’ai confiance que de bonnes choses s’en viennent pour moi et que ma carrière prendra un tournant positif.

Là-dessus, je voudrais remercier tous les internautes qui m’ont suivi et supporté cette saison. Comptez sur moi pour vous tenir au courant des prochains développements dans ma carrière!

À la prochaine,

Alex.

 

Trois-Rivières, ensuite l'Europe
Alexandre Tagliani
Mercredi 15 août 2007
RDS.ca

Deux semaines après avoir passé le week-end à Montréal, me voilà à Trois-Rivières dans le cadre de la fin de semaine du Grand Prix. À l’agenda, une autre course de CASCAR avec Andrew Ranger et plusieurs activités de promotion aux abords du circuit. En vérité, je devrais passer pas mal plus de temps hors piste que derrière un volant.

L’an dernier, j’avais effectué un retour à Trois-Rivières après une longue absence et j’avais adoré ça. J’avais alors conduit en série Grand-Am avec Valérie Limoges. J’ai plusieurs excellents souvenirs associés à cette ville. J’y ai connu beaucoup de succès en Formule Atlantique, faisant la pôle à quelques reprises et goûtant aussi aux joies de la victoire. Peu importe la catégorie dans laquelle je reviens courir, l’atmosphère est la même. Les gens sont vraiment chaleureux et on sent qu’ils sont fortement attachés à leur Grand Prix.

Après mon expérience de l’an dernier, les organisateurs m’avaient demandé de revenir et j’avais accepté sans hésiter. C’est important pour moi de venir donner du temps à l’événement, pour l’aider à connaître du succès. Ce n’est pas parce que je suis rendu en Champ Car que je dois négliger mes racines. C’est ma façon de redonner aux sports automobiles, une passion qui m’a tant apporté. Le Grand Prix de Trois-Rivières est un super bel événement et il faut tout faire pour que ça marche. Quand je vais travailler aux États-Unis, je suis pas mal moins en demande, mais ici j’essaie d’en faire le plus possible.

Au niveau de la course comme telle, ce sera un peu différent de Montréal, où il y avait eu deux pratiques et la qualification dans la même journée et la course le lendemain. Ici, il y aura une pratique le vendredi, la qualif samedi et la course dimanche.

Une escale dans le Wisconsin

Entre mes deux passages au Québec, j’ai fait un détour vers le Wisconsin pour disputer l’épreuve d’Elkhart Lake, sur le circuit de Road America. J’ai réalisé une cinquième place, un bon résultat comparativement à mes récentes performances, mais un résultat frustrant d’une certaine façon. Je vous explique tout ça.

Je le dis souvent, en Champ Car, tu as besoin d’un peu de chance et, encore une fois, les choses n’ont pas tourné à mon avantage en fin de semaine dernière. Le fait qu’il y eut un seul et unique drapeau jaune, et ce au tout début de la course, a joué en notre défaveur et a permis à Oriol Servia et Dan Clarke de terminer devant moi.

Servia partait du 14e rang et lorsque la neutralisation est survenue, il a décidé d’arrêter tout de suite aux puits. Son équipe pouvait se permettre une telle décision. Vue sa position sur la grille de départ, elle n’avait rien à perdre. Nous qui étions déjà bien positionnés à l’avant, on ne voulait pas risquer de perdre des places inutilement. Servia a finalement bénéficié de son passage précoce aux puits de deux façons : il a changé de pneus, ce qui lui a permis de faire des bons temps à son retour pendant que les autres se cassaient le bicycle, en bon québécois, pour rester en piste. Deuxièmement, comme il n’y a pas eu de drapeau jaune, j’ai dû faire un splash and go avec quatre tours à faire, c’est-à-dire un arrêt aux puits rapide pour mettre juste assez d’essence pour finir la course. Servia, lui, n’a pas eu à le faire et en a profité pour me dépasser.

Ça me fait un peu penser à la course de Paul Tracy à Cleveland. Deux fois, il avait amoché son aileron et avait dû rentrer aux puits sur un jaune pour aller le remplacer. Il n’était tellement pas compétitif que je l’ai dépassé deux fois en course. Qu’est-ce qui est arrivé? Il a gagné! Quand les drapeaux tombent pour toi et que les dieux de la course sont sur ton bord…

C’est pour ça que je n’arrête pas de répéter qu’en Champ Car, pour gagner, ça prend de la rapidité et de la chance. La rapidité, je l’avais. J’avais été le plus rapide dans la pratique du matin. Tout ce que ça me prenait, donc, c’est un peu de chance. J’ai pris un pari et je l’ai perdu. Si j’étais un joueur de hockey, je dirais que la puck n’a pas roulé pour nous autres.

J’étais d’autant plus déçu de ce bon résultat qu’il rendait mes déconfitures précédentes encore plus frustrantes. À Edmonton, j’étais en quatrième place et personne n’était en position pour me déloger, mais j’ai manqué de carburant. Vingt-trois points aux poubelles. À San Jose, je conduisais un missile. La voiture était parfaite, je pouvais faire ce que je voulais avec. J’étais en tête et celui qui me suivait, Robert Doornbos, était monté là de la même façon que Tracy à Cleveland. Il n’était pas rapide comme moi et ne pouvait pas me passer. Hé bien! D’autres problèmes en sortant des puits, mon moteur étouffe, et quand je finis par ressortir, le système de changement de vitesses au volant est défectueux. Un autre 31 points chez le diable.

Ça fait un total de 54 points que, si j’additionne aux 161 que je possède présentement, m’en donnent 205. Où serais-je avec 205 points? Au troisième rang du championnat des pilotes. Et je n’ai pas parlé de Toronto, où tout est allé tout croche.

Tout ça pour dire qu’il faut terminer les courses où on roule dans les premiers. On n’a pas besoin de faire de miracles pour finir dans les trois premiers au championnat et c’est pour ça que c’était mon objectif au début de la saison. Si tu finis constamment dans le Top 5, tu vas te retrouver sur le podium à la fin de la saison et c’est ce qu’on faisait au début de l’année. La seule chose qui nous éloigne de notre objectif, ce sont les gaffes qu’on a faites. On se rend compte que, dans le fond, on n’a seulement à faire nos petites affaires et les résultats vont venir.

Maintenant, il va falloir travailler très fort pour terminer dans le Top 4. Mathématiquement, le Top 3 est toujours accessible. Il reste les deux courses en Europe, l’Australie, le Mexique et Phoenix. Cinq épreuves, un total de 155 points à accumuler. Une moyenne d’une cinquième place par course me donnerait 105 points et présentement, je suis à 29 points de la quatrième place, à 36 de la troisième. Il suffit d’une mauvaise épreuve d’un gars comme Will Power pour gagner du terrain.

Mais c’est ce qui est dommage. On en est rendu à devoir se fier aux autres pour pouvoir remonter. Je n’ai plus complètement mon destin entre mes mains. Il faudrait quasiment être sur le podium à toutes les courses pour ne pas avoir à espérer un DNF d’autres pilotes. On a du pain sur la planche. Ça ne sera pas facile, mais on ne s’avouera pas vaincus.

De l’autre côté de l’Atlantique

C’est le moment de l’année où la Série Champ Car prend l’avion pour traverser l’Atlantique. Les deux prochaines courses seront disputées en Belgique et aux Pays-Bas sur des circuits que je ne connais pas du tout. Ça devrait être intéressant.

Il y aura ensuite l’Australie, le Mexique et Phoenix, mais avant, ma femme Bronte et moi nous promettons une petite semaine de vacances à Paris. On n’a jamais visité la Ville lumière et on va profiter de notre passage en Europe pour y aller. Bronte a travaillé très fort cette année et on ne s’est pas vu souvent en début de saison, mon horaire étant doublement chargé avec le Grand-Am.

Pour revenir à l’épreuve de Belgique, elle sera disputée sur le circuit de Zolder, celui où Gilles Villeneuve s’est tué en 1982. Pas de doute, ça va être très spécial pour moi de courir à cet endroit. Pour être honnête, je ne suis pas très heureux d’y aller, même que je m’en passerais volontiers. Aller sur un circuit où l’une de mes idoles s’est tuée, ça fait un petit quelque chose au cœur. C’est certain que quand je vais arriver sur place, ça va me faire bizarre et ça va m’affecter un peu au début.

J’ai commencé à penser à une façon de lui rendre hommage. J’ai déjà coursé avec un casque aux couleurs de Gilles au Grand Prix du Canada, mais honnêtement, je suis un peu superstitieux et je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de mettre un casque semblable au sien à l’endroit où il a perdu la vie. Mais je ne sais pas, je ferai peut-être faire un petit collant que je mettrai sur ma monoplace avec une pensée et un drapeau du Québec… J’ai encore le temps d’y penser.

Parlant de Grand-Am

Pour revenir sur ma saison en Grand-Am, j’ai finalement décidé de mettre ça de côté. Ça prenait beaucoup de mon temps et il commençait à y avoir de plus en plus de conflits d’horaires. Mais quand même, je suis content d’avoir eu l’opportunité de toucher à cette catégorie. Maintenant, je sais c’est quoi. Je me suis fait une idée et j’ai établi des contacts qui pourraient me servir dans le futur.

Comme je disais dans ma chronique précédente, je me vois encore en Champ Car l’an prochain, mais c’est toujours bon d’avoir des opportunités ailleurs. Par exemple, Sam Hornish et Juan Pablo Montoya couraient en NASCAR, mais ils sont allés faire les 24 Heures de Daytona. Personnellement, j’aimerais bien faire les 24 Heures du Mans un jour. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de suivre l’expérience de Jacques Villeneuve cette année, ça n’a pas vraiment adonné, mais ça m’intéresserait d’essayer ça.

Bourdais sera remplacé

J’étais bien heureux pour Sébastien Bourdais quand j’ai appris qu’il s’était finalement trouvé une place en Formule 1. Ça faisait longtemps qu’il voulait faire le saut et l’opportunité s’est présentée à lui. Quand ça arrive, tu ne peux pas laisser ça passer, parce que ce n’est pas le genre d’offre qu’on reçoit tous les jours.

Je suis pas mal certain qu’il aurait préféré faire son entrée chez Ferrari ou McLaren, mais ça ne veut pas dire qu’il va rester toute sa vie chez Torro Rosso. Une chose est certaine, il va falloir que Sébastien commence à s’armer d’un caractère assez fort. Il est habitué de rouler en avant avec une voiture qui est toujours au-dessus de celle des autres. En F1, il y a tellement une grande différence entre les voitures que tu dois accepter le fait que tu n’a pas toujours – pour ne pas dire jamais - la chance de rouler avec les meilleurs. Il va falloir qu’il développe une patience assez forte pour ne pas capoter.

Maintenant, qu’est-ce qui va arriver à la série Champ Car? Moi, ça ne me surprendrait pas que son remplaçant s’amène et domine tout autant.

Dans ma tête, c’es clair que personne ne prendra la place de Sébastien dans une autre voiture que sa Newman-Haas. Si quelqu’un devient compétitif autant que Bourdais, c’est qu’il a moindrement de talent et qu’il aura la chance de sauter dans la même voiture. Ce gars-là deviendra alors l’homme à battre. Le nom va changer, mais les résultats seront les mêmes.

Il faut que les autres équipes travaillent extrêmement fort pour rétrécir l’écart avec Newman-Haas et à cet égard, je crois qu’on a vu la lumière au bout du tunnel cette année. On a vu des gars comme Power obtenir plusieurs bons résultats, Wilson faire la pôle. J’ai roulé en avant de Bourdais à San Jose. Ça montre que les équipes peuvent battre Newman-Haas. Où eux se démarquent, c’est qu’ils sont rapides à CHAQUE course, alors que le reste du peloton connaît des hauts et des bas. On n’est pas assez constant tandis qu’eux sont toujours sur la coche. Ils ont la constance, la rapidité, la performance.

Le portrait de la série changera à coup sûr la saison prochaine et ça sera intéressant à surveiller. Mais avant de penser à l’an prochain, je dois me concentrer sur ma fin de saison. Quand on se reparlera, je serai sur un autre continent.

À la prochaine!

 

On s'est encore tiré dans le pied
Alexandre Tagliani
Lundi 23 juillet 2007

Mon séjour au Canada s’est terminé en queue de poisson alors que, pour la première fois de la saison, je n’ai pas réussi à terminer une épreuve à Edmonton en fin de semaine dernière. C’est un peu l’histoire de ma saison qui s’est répétée : un bon résultat était à notre portée jusqu’à ce qu’on se tire dans le pied.

J’étais en sixième place, aux trousses de Graham Rahal et Simon Pagenaud, et j’étais prêt pour mon deuxième arrêt aux puits quand on m’a demandé de faire un autre tour avant d’entrer. Sauf que pendant ce tour, j’ai manqué de carburant et je suis parvenu à retrouver mon équipe de peine et de misère.

Certains ingénieurs au sein de l’équipe insistent pour dire que mon réservoir contenait suffisamment d’essence pour que je rallie la ligne des puits sans aucun problème selon leurs calculs. D’après eux, c’est un problème avec le pickup qui fut la cause de nos malheurs.

Le pickup est un instrument qui se trouve dans le réservoir à essence et qui a pour fonction d’envoyer au moteur le plus de carburant possible quand il arrive à sec. Sur les circuits qui comptent de longs virages avec beaucoup d’appui aérodynamique, le pickup peut être calibré de façon à ce qu’on puisse rouler jusqu’à ce qu’il reste l’équivalent de la moitié d’une canette de liqueur dans le réservoir.

Bref, selon les ingénieurs, j’avais assez d’essence pour faire un tour supplémentaire et c’est le pickup qui n’a pas fait son travail. Pourquoi? Je l’ignore…

Tout ce que je peux dire, c’est qu’encore une fois, on a été victime d’un problème quelconque et c’est ce genre de problème qu’il faudra éliminer au plus vite. Si on ne le fait pas, on ne sera jamais capable de finir dans le Top 3 au championnat ou de finir sur le podium.

En fin de semaine, en course, on avait finalement une voiture, à partir de la séance de réchauffement, assez compétitive pour se battre avec Rahal et Pagenaud, donc pour la troisième marche du podium. On avait complété un tour rapide de 60,3 secondes au 46e tour de la course et ces gars-là ont fait 60,2 et 60,0 aux 86e et 90e tours de l’épreuve. On était très rapide à ce moment-là et tout ce qu'il fallait faire, c’est rester en piste. Pagenaud l’a fait et a terminé en quatrième place. Même Paul Tracy, qui n’était même pas compétitif avec nous, a terminé cinquième.

Tout ce qu’on avait à faire, c’est de terminer la course!

Doornbos n’avait rien à gagner

Après ma sortie des puits, j’avais un tour de retard sur les meneurs. Je tentais de regagner le plus de terrain possible quand mon chemin a croisé celui de Robert Doornbos. À l’entrée d'un virage, ma roue avant gauche est entrée en contact avec l’arrière de son bolide, une collision qui nous a fait perdre le contrôle et qui a mis fin à ma course.

C’est dommage. C’est certain que j’avais un tour de retard sur lui et certains diront que ça ne me donnait rien de forcer la note, mais je suis un pilote qui a une bonne tête sur les épaules. Je ne m’en allais pas là pour m’accrocher avec lui, mais j’étais une seconde plus rapide que lui et je ne vois pas ce qu’il avait à gagner en s’entêtant à ne pas me laisser passer quand il n’avait personne, ni en avant ni en arrière, avec qui se battre. Tout ce qu’il avait à faire, c’est me laisser aller parce qu’il a bien vu dans ses rétroviseurs que j’étais plus rapide que lui. Il n’y aurait jamais eu d’accrochage.

Quand il arrive un problème à Sébastien Bourdais et qu’il reprend la piste avec un ou deux tours de retard, va-t-il se contenter de rester derrière un pilote qui est une seconde plus lent que lui? En autant que le pilote retardataire ne vient pas s’immiscer dans une bataille entre deux pilotes qui font partie du même tour, ça donne quoi de s’entêter à essayer de se battre avec un gars qui est beaucoup plus rapide? Je trouvais que ça n’avait aucun bon sens.

Bis

À partir de maintenant, tout ce que je peux faire, c’est de répéter ce que j’ai dit dans ma chronique précédente. Tout le monde essaie de faire son possible, tout le monde essaie de bien travailler, mais en Champ Car, avec la compétition qu’il y a en ce moment, on ne peut se permettre d’accumuler les erreurs.

En ce moment, on n’a pas été assez parfait dans un week-end complet et ça nous coûte des positions hyper importantes, mais ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est de lâcher. Il faut tout faire pour améliorer la situation de A à Z, sur tous les petits points… On est là, on a tout ce que ça prend pour performer. Il faut juste avoir un week-end sans erreur.

Je parle constamment avec mon ingénieur, j’ai une bonne relation avec lui. Les mécanos font du très bon travail au niveau de la préparation de la voiture. De mon côté, en tant que pilote, je ne peux pas voir tout ce qui se passe dans les coulisses. Tout ce qu’on est en train de vivre, de passer au travers, il y a des gens qui sont mieux placés que moi pour y trouver des solutions. Tout ce que je peux dire, c’est qu’en ce moment, on ne doit pas abandonner. Il y a encore beaucoup de courses à disputer. Un DNF d’une équipe ou d’un pilote change la course au championnat au complet. La pire chose qu’on pourrait faire en ce moment, c’est abandonner. On doit continuer de faire ce qu’on fait, mais le faire un peu mieux.

Ça ne donne rien de regarder chez le voisin

Les succès de mon coéquipier Justin Wilson ne rendent pas mes déboires plus difficiles. Ce que Justin fait sur la piste, jusqu’à un certain point, je m’en fous un peu.

Tout ce que je peux dire, c’est que nous sommes les seuls responsables de ce qui nous arrive, les artisans de notre propre malheur.

Si on n’était pas capable de comprendre, si on ne savait pas pourquoi de mauvaises choses nous arrivent, je me poserais des questions, mais on sait tout ce qu’on fait de mal. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour s’apercevoir qu’il y a quelques endroits au cours de la saison où on a laissé filer de très bons résultats.

Chaque fois qu’on est en piste, que la voiture va bien et qu’on n’a pas de problèmes, on est toujours dans le Top 5. C’est là qu’on doit être, toujours, toujours, à chaque pratique, à chaque qualif. À un moment donné, ça ne donne rien de regarder ce que les autres font. Il faut regarder dans notre propre cour.

On se reparle après l’épreuve de San Jose

Il va falloir que ça change
Alexandre Tagliani
Lundi 09 juillet 2007

Nous avons connu un autre week-end difficile à Toronto. Je vais mettre une chose au clair tout de suite : je ne veux pas remuer des pensées négatives et commencer à chercher des coupables et à pointer des gens du doigt. Ça ne ferait qu’empirer la situation et détruire l’atmosphère de travail chez RSPORTS et ça, c’est la dernière chose que je veux.

Sauf qu’il faut aussi admettre qu’il y a bien des choses à régler au sein de notre équipe.

Encore une fois, en fin de semaine, il y a eu beaucoup trop d’erreurs commises à tous les niveaux. Le système de ravitaillement nous a fait perdre du temps dans les puits, la pression des pneus n’était jamais adéquate… On ne peut pas tenir notre bout, avec toute la compétition qu’il y a au sein de la série Champ Car, dans ces conditions. C’est impossible.

Revenons sur l’épreuve de Toronto. Dès le premier tour, au virage numéro 3, je me suis fait rentrer dedans par Simon Pagenaud, avec comme résultat que j’ai été victime d’une crevaison et que j’ai dû entrer aux puits. Ça n’allait déjà pas bien, mais on s’est rendu compte que j’aurais dû rentrer de toute façon tôt ou tard parce que la pression des pneus n’avait pas été correctement ajustée avant la course.

Même problème avec mon nouveau train de pneus. Manque de communication? Confusion? Tout ce que je peux dire, c’est que quand je suis revenu en piste, la voiture glissait de tous bords, tous côtés. L’équipe me disait que le problème serait réglé à mon prochain arrêt. Après la course, mon ingénieur m’a dit que ses consignes n’avaient pas été exécutées.

Malgré tout, la course a pris une tangente qui nous avantageait par la suite. On était plein de carburant et le nombre élevé de drapeaux jaunes regroupait le peloton. À un certain moment, on était septième, en très bonne position pour connaître une bonne fin de course et peut-être même remporter l’épreuve.

Mais la pluie s’est mise à tomber. J’ai fait savoir à mon équipe que je devais rentrer pour changer les pneus, mais on m’a demandé de faire un tour de plus. Je n’ai pas compris exactement pourquoi, mais bon, je suis dans la voiture, je ne me pose pas de questions. C’était peut-être une question de stratégie, peut-être qu’on n’était tout simplement pas prêt à me recevoir.

Il était vraiment temps que je rentre. Me pneus étaient gonflés au maximum, avaient surchauffé, étaient complètement détruits. C’était comme si je roulais sur des ballounes. Et quand on me demande d’attendre, la pluie commence à tomber encore plus fort.

Quand je suis arrivé dans la ligne droite en arrière, j’ai perdu le contrôle et je me suis retrouvé juste à côté d’un mur de pneus, sans dommage. J’étais prêt à décoller, mais Oriol Servia a spinné à la même place que moi et m’est rentré dedans. Je me suis enlisé dans le mur et le temps qu’on nous sorte de là, j’avais perdu deux tours.

Quand je suis finalement rentré pour mettre mes pneus de pluie, il y avait encore un problème au niveau de la pression! Donc, même si tout avait été correct jusque-là, on aurait eu un problème à la fin. À un moment donné, trop, c’est trop.

Paul Tracy a été forcé de rentrer aux puits à Cleveland, mais il a tout de même gagné la course. Pourquoi? Parce que son équipe a été capable d’effacer une erreur commise en début d'épreuve. Tracy a continué de rouler à fond de train et son entourage a fait un travail impeccable jusqu’à la fin. De mon côté, ces petites erreurs s’accumulent et finissent par coûter cher.

Il y a quand même du positif

Je pense que ce n’est pas tout le monde qui se rend compte à quel point la moindre petite chose peut avoir une répercussion sur le résultat final, faire la différence entre un podium et une sixième place. Si chaque membre de l’équipe pouvait comprendre ça – je ne dirais pas prendre le travail plus au sérieux, mais d’être aussi concentré que le pilote – nos résultats seraient bien meilleurs. Le pilote ne peut pas se dire "Je n’ai que trois heures de sommeil dans le corps, je ne me suis pas entraîné, je suis fatigué, mais je vais être capable de suivre". Si tout le monde a fait ses devoirs sauf toi, tu n’as aucune chance.

On va se parler, on va se rencontrer cette semaine. Je vais soulever les problèmes qui arrivent le plus fréquemment et j’ai l’intention de proposer des pistes de solution. Je ne m’en vais pas là uniquement pour chialer. Mes critiques seront constructives, je vais apporter mes idées.

Je ne veux pas qu’on désespère, parce qu’il reste encore une course avant la mi-saison et on a vraiment besoin d’avoir une meilleure deuxième moitié de saison que la première. Je suis capable de tourner la page et je sais que la situation n’est pas encore dramatique. Will Power ne semblait pas vraiment dangereux au classement des pilotes, mais il est tombé troisième avec sa victoire à Toronto. Ce n’est pas la fin du monde. Tout peut changer bien vite.

Surtout que, il faut le souligner, on a fait plusieurs bonnes choses cette année. Tout n’est pas négatif. Je dis chapeau à mes mécanos pour m’avoir toujours donné une voiture fiable. On a réussi à finir toutes les courses dans le Top 10 et dans le premier quart de la saison, on se qualifiait en bonne position.

En fin de semaine, par exemple. On prenait le départ en sixième place, ce qui n’est pas mauvais. Au départ, j’ai passé Pagenaud par l’extérieur et j’étais en train de pointer Junqueira quand je me suis fait rentrer dedans. Ça, c’est le genre d’incidents qui sont hors de notre contrôle. De la pure malchance.

Mais à partir de là, si nous avons des opportunités dans la course pour tourner ça à notre avantage... Il faut rester parfait, mais on ne l’est pas. On accumule trop d’erreurs et c’est impardonnable. Dans ce temps-là, impossible de rivaliser avec les autres. Power a gagné la course sans rien faire de spécial. Il n’a pas passé personne! Il a fait sa petite affaire, n’a pas commis d’erreurs, tout a bien été dans les puits et c’est lui qui voit le drapeau à damiers en premier.

Pour nous, de la façon dont la course s’est déroulée, avec la stratégie qu’on avait, l’occasion ne pouvait être plus belle et on n’a pas été capable de la ramasser. C’est frustrant, c’est dommage. On passe à côté de belles opportunités. Il va vraiment falloir que tout le monde se mette sur la même longueur d’ondes. On a tout ce qu’il faut pour être capable de gagner les épreuves. Il faut maintenant tout mettre ensemble pendant une course complète.

Je suis confiant que tout rentrera dans l’ordre et qu’on va s’améliorer. C’est mieux que ça arrive à ce moment de la saison. Il n’est pas trop tard pour réaliser que ça fait plusieurs podiums qu’on perd. Il est toujours temps de remédier à la situation.

Edmonton dans deux semaines… On se reparle d’ici là.


Une belle occasion de se reprendre
Alexandre Tagliani
Mercredi 04 juillet 2007

J’ai adoré le temps passé à Tremblant, mais je n’ai pas eu le temps d’y flâner bien longtemps après la course de dimanche. Le devoir m’appelait dans la Ville Reine, où je me trouve depuis lundi pour y disputer la deuxième d’une série de trois épreuves en sol canadien.

Depuis mon arrivée, j’ai pris part à différentes activités promotionnelles pour des commanditaires et des causes auxquelles je suis associé. J’ai rencontré des jeunes amateurs de course, participé à quelques séances d’autographes. Jeudi, il y aura la conférence de presse officielle au circuit et un gala en soirée. Après ça, on commence à rouler.

C’est fou comment le temps a passé vite depuis la fin de l’épreuve de Tremblant. On pense qu’on va avoir un peu de temps pour se reposer, mais c’est impossible de faire le touriste!

L’épreuve de Toronto arrive à point pour notre équipe. Il faut se rendre à l’évidence que nous ne sommes pas à notre meilleur sur les circuits routiers depuis le début de la saison. Nous tardons à trouver les réglages qui pourraient maximiser l’efficacité de la voiture et plus ça va, plus ça nous pénalise.

Les statistiques nous démontrent d’ailleurs que nous sommes un peu plus rapides sur les circuits de ville comme celui de Toronto. Je crois donc que l’occasion est bonne pour laisser les petites déceptions du passé en arrière et bâtir sur de nouvelles bases.

J’aime bien le circuit de Toronto. J'y suis monté sur le podium deux fois depuis 2001 et l’an dernier, j’ai terminé sixième après être parti de la dixième place. J’avais alors enregistré le tour le plus rapide en piste.

Le fait que le circuit de Toronto offre un bon mélange de virages est l’une des raisons pourquoi j’aime bien y courir. Il y a des courbes très rapides près de la ligne de départ-arrivée, d’autres qu’on aborde à vitesse moyenne et quelques uns plus lents. Il y a aussi de bonnes lignes droites assez larges et on y a vu des bons dépassements au cours des dernières années.

Je crois que c’est un circuit qui récompense les pilotes plus agressifs, qui cherchent constamment à améliorer leur position. Ça peut m’avantager.

Je ne ressens pas nécessairement de pression supplémentaire quand je cours au Canada. Je ne peux quand même pas nier que j’aimerais particulièrement bien performer, pour l’équipe mais aussi pour les commanditaires.

On verra comment ça va aller… On s’en reparle la semaine prochaine.

Les sceptiques ont été confondus
Alexandre Tagliani
Dimanche 01 juillet 2007

S’il y avait des sceptiques quant à la tenue d’une épreuve Champ Car à Tremblant, ils ont été confondus en fin de semaine. Pour moi, le franc succès de l’événement compense pour mes résultats en piste, qui n’ont pas été à la hauteur de mes attentes.

L’achalandage tout au long de la fin de semaine a été surprenant et les nombreux amateurs avec qui j’ai parlé à partir de mon arrivée sur le site ont été unanimes : ils ont adoré l’expérience.

La piste était super belle et pouvait accueillir des spectateurs un peu partout. Dans la montagne, dans les coins 1, 2 et 3… Quand on a fait la parade des voitures, on voyait très bien la meute de spectateurs qui était aussi amassée au virage numéro 12. Je trouvais ça fantastique de voir qu’autant de personne s’étaient déplacées. De leur place, ils pouvaient vraiment apprécier la vitesse des voitures Champ Car.

Tous les pilotes avec qui j’en ai parlé partagent mon avis. Reste à améliorer quelques points au niveau de la sécurité, mais je crois que tout est en place pour bâtir une belle tradition dans les Laurentides.

La pluie nous a joué un tour

Comme je le disais, j’aurais aimé rouler davantage en avant du peloton, mais la pluie nous a causé des ennuis toute la fin de semaine. En course, dimanche, on avait réglé la voiture en fonction d’une piste sèche, mais les prévisions météorologiques se sont avérées inexactes et quand ça s’est mis à tomber, notre voiture n’avait pas ce qu’il fallait pour être compétitive.

En plus, nous avons eu un petit problème dans les puits quand un pilote de Team Australia a failli me rentrer dedans. J'ai également fait une petite erreur dans le dernier tour en essayant de dépasser Neel Jani pour la cinquième place.

Jani était plus lent que moi, mais je n’ai jamais été capable de le dépasser. J’ai d’abord tenté ma chance dans le virage numéro 1, mais quand il m’a vu dans ses rétroviseurs, il a court-circuité la chicane pour se donner une avance, geste que je n’ai pas trouvé très fair. J’ai poussé super fort pour le rattraper et j’ai fini par y parvenir. Je suis rentré un peu trop fort dans le virage 12, j’ai touché au gazon humide et ça s’est mis à glisser. Le temps que je ressorte, je m’étais fait passer par deux voitures.

J’avais eu plus de chance auparavant lors d’un dépassement sur mon coéquipier Justin Wilson. Je me suis pointé à toute vitesse dans le coin numéro 7 et j’espérais qu’il me laisse passer parce que l’ouverture se resserrait rapidement. Heureusement, Justin est un pilote très respectueux et on a réussi à donner un bon spectacle.

Après la course, je me disais que j’aurais peut-être dû me contenter de ma sixième place et jouer plus conservateur dans le dernier tour, mais cette pensée a vite quitté mon esprit. Une cinquième place, c’est mieux qu’une sixième et on doit toujours viser le meilleur résultat possible, pousser la voiture au maximum. Certains pilotes se seraient peut-être assis sur leur position, mais je suis un fighter. Je ne voulais pas abandonner jusqu’au dernier virage.

Je crois qu’on avait la voiture pour terminer quatrième et que n’eut été de la pluie, le Top 5 était à notre portée. En bout de ligne, ce n’est quand même pas si mal. Il y a encore place à amélioration sur les circuits routiers, mais il y a de bonnes chances pour qu’on soit encore plus compétitifs la semaine prochaine dans les rues de Toronto.

On se reparle donc cette semaine. Pour l’instant, le party m’attend…

*Propos recueillis par RDS.ca

Week-end constructif à Portland
(tiré de RDS.ca)

12-juin - Après un long congé de près de deux mois, j’étais de retour dans ma monoplace de la série Champ Car en fin de semaine pour l’épreuve de Portland. Ce fut un week-end satisfaisant dans les circonstances. Nous avons commis quelques erreurs, mais nous avons appris nos leçons et je suis persuadé que nous quittons l’Oregon meilleurs que nous l’étions à notre arrivée.

Nous avons débuté la fin de semaine avec une quatrième place lors de la première séance de qualifications, un résultat satisfaisant compte tenu du fait que nous n’avions presque pas roulé vendredi. Il tombait des cordes et nous avons décidé de rouler avec de vieux pneus de pluie pour garder notre meilleur train pour la course. Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’il ne nous servirait finalement même pas en course. On n’a donc pas été en mesure de faire une bonne lecture de notre voiture en matinée.

En après-midi, la pluie n’avait pas cessé et j’ai roulé avec des pneus neufs pour la première fois. Vous vous demandez peut-être pourquoi nous avons pris la peine de sortir les voitures sous la pluie. L’explication, c’est qu’il y a un règlement dans la série Champ Car qui veut que le détenteur du meilleur temps de la deuxième séance s’assure d’une place sur la première ligne de départ, même si son temps est moins vite que celui qui a réussi le deuxième meilleur temps en matinée. La pôle était peut-être inaccessible, mais on avait une chance de prendre la deuxième place.

Après mes deux premiers tours, je détenais le meilleur temps, ce qui a réjoui tout le monde dans l’équipe. Sur mon troisième tour, je me suis aperçu que j’allais rejoindre Sébastien Bourdais. J’ai décidé de ralentir et de me lancer sur un quatrième tour. Il paraît que l’équipe de Bourdais lui a signalé que j’arrivais sur un tour rapide et lui a demandé de me laisser passer, mais il ne l’a pas fait et s’est retrouvé dans mes jambes.

J’ai trouvé ça bizarre, mais ils ont quand même bien joué leurs cartes parce que j’étais un de ceux qui pouvaient repousser le Français sur la grille de départ. Je n’ai aucune preuve que l’obstruction était intentionnelle, mais disons qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment.

Nous sommes donc partis du quatrième rang, mais nous n’avons pas géré la course comme nous aurions dû le faire.

Premièrement, la voiture était difficile à conduire parce que nous roulions sur des pneus usés. Comme la course s’est déroulée sans drapeau jaune, certaines équipes ont décidé de faire des segments de course plus courts et de quitter les puits aussitôt que les pneus étaient changés. En bref, ils mettaient du carburant pendant le changement de pneus, c’est-à-dire sept ou huit secondes, pas plus. Moins de temps entre les arrêts veut dire une voiture plus légère, des pneus moins usés et une voiture plus facile à conduire en fin de segment. Résultat : mes adversaires ont été plus constants tout au long de la course.

De notre côté, nous avons fait notre premier arrêt un peu trop tôt. Nous avions encore du carburant, mais l’équipe a été conservatrice. Ensuite, il y a eu manque de communication à quelque part et ce qui devait être au départ un arrêt court s’est transformé en arrêt long. Non seulement nous avons perdu du temps dans les puits, mais une fois de retour sur la piste, ma voiture était plus lourde que celle des autres. Je suis rentré quatrième et je me suis retrouvé au 11e rang.

Pendant le reste de la course, il a fallu que je me batte pour remonter jusqu’au cinquième rang, au grand plaisir de l’équipe. En Champ Car, quand il n’y a aucun drapeau jaune, ton premier arrêt va guider ta stratégie pour le reste de la course. Ça nous a nui, mais nous n’avons pas abandonné et en bout de ligne, nous sommes parvenus à nous sortir d’impasse. Nous demeurons au quatrième rang au championnat sans trop perdre de terrain sur Robert Doornbos.

On s’aperçoit que la compétitivité est de plus en plus forte sur le circuit et la seule façon de battre Bourdais et de récolter des podiums, c’est d’être complètement parfait dans notre stratégie et l’exécution des arrêts aux puits. Ça sera donc un aspect qu’il sera important d’améliorer pour les prochaines courses, parce que ce sont des petites erreurs qui finissent par coûter cher.

Je peux vous l’illustrer concrètement. Pour finir en troisième place, il aurait suffi de rouler un dixième de seconde plus vite par tour. Ce n’est rien, des poussières, mais ça m’aurait donné un podium et tout ça aurait été possible simplement en roulant avec une voiture plus légère.

À ce niveau, il y a des choses qu’on a comprises et on a appris beaucoup en fin de semaine. D’une certaine façon, c’est bon ce qui nous est arrivé. Les prochaines courses vont être encore plus difficiles, plus importantes et si on se retrouve dans la même situation, il va falloir être prêt.

Départs arrêtés

Pour la première fois de son histoire, la série Champ Car avait décidé d’instaurer le départ arrêté pour la course de Portland et je dois dire que j’ai bien aimé l’expérience même si j’ai perdu une place dès les premiers mètres.

Will Power a connu un excellent départ et comme j’étais à l’extérieur, j’ai essayé de passer Bourdais. On s’est retrouvé à trois de large dans le premier virage et il n’y avait plus vraiment de place pour moi. J’ai décidé de ne pas trop forcer la note pour ne pas me retrouver KO avant même que la course soit entamée.

Je ne sais pas exactement quand, mais je sais que l’expérience sera répétée. Il n’y a rien de coulé dans le béton, mais la série Champ Car a cette facilité de changer certains règlements en cours de route. Ce sera assurément le cas à Cleveland, un endroit tout désigné pour ça. Il y a eu des problèmes lors des départs dans les années passées sur ce circuit à cause de la largeur de la piste. En faisant le départ arrêté, tu ne donnes pas l’avantage à ceux qui sont derrière de profiter de l’aspiration et de faire des gestes de cabochons dans le virage numéro 1.

Sur les circuits de ville, ça sera plus difficiles de changer le règlement parce qu’il y a des endroits où la ligne droite n’est pas assez large pour laisser les voitures passer si un pilote cale son moteur sur la grille.

Un bon show

Lundi et mardi matin prochain, nous allons effectuer d’importants tests sur le circuit d’Elkhart Lake, dans le Wisconsin. Après, c’est le retour d’un calendrier plus régulier avec la course de Cleveland.

J’apprécie le circuit de Cleveland parce qu’il est large et qu’il pardonne les erreurs. Pour que tu frappes quelque chose à Cleveland, il faut que tu sois hyper malchanceux. Ça donne toujours des courses excitantes avec des méchants dépassements. La piste est très rapide et les spectateurs en ont généralement pour leur argent. Contrairement à Portland, où il faut quasiment être kamikaze pour dépasser, à Cleveland, tous les éléments sont là pour donner un bon show. Ça devrait être une bonne course.

On se reparle dans deux semaines.

Propos recueillis par RDS.ca

 

Tremblant: tout un circuit
Alexandre Tagliani

Au cours de la dernière semaine, nous avons eu la chance de faire des essais sur le circuit du Mont-Tremblant, là où aura lieu l’épreuve québécoise de la série Champ Car, le 1er juillet prochain.

Nous sommes chanceux de pouvoir rouler sur une piste comme celle de Tremblant. Le circuit est super rapide. Ça faisait drôle de retourner sur une piste que j’ai connue il y a longtemps. C’est à cet endroit que j’ai fait ma première course en monoplace. Ça se passait en Formule Ford, en 1995.

Disons qu’il y a une énorme différence entre le circuit de Tremblant et le circuit Gilles-Villeneuve. Même s’il est permanent, je considère que le circuit Gilles-Villeneuve en est un de ville car il y a plein de murs et de « guard rails » qui l’entourent.

Le défi n’est également pas le même. Sur le circuit de l’Île Notre-Dame, les lignes droites sont entrecoupées par des virages serrés, des chicanes et des épingles. Pour ce qui est de Tremblant, on parle d’un circuit routier. Les virages sont hyper rapides. Le feeling n’est pas le même lorsque tu peux prendre des virages à 155 milles à l’heure.

Le seul autre circuit qui est de la trempe de Tremblant au niveau de la vitesse, c’est celui d’Elkhart Lake. Bref, Tremblant possède un super circuit. Il n’est pas facile et donne beaucoup de défis, mais en même temps, il est très agréable à conduire.

Quelques modifications à apporter

Les autres pilotes présents lors de ces essais ont également beaucoup apprécié le circuit. Il est certain toutefois que nous aimerions apporter certaines modifications au niveau de la sécurité. Le tracé est fantastique, mais il manque un peu de distance dans les échappatoires. Pour rendre le tout plus efficace, il faudrait enlever de l’herbe à certains endroits pour mettre des bacs à gravier.

Lors de nos essais, on a aussi beaucoup parlé de la présence de chevreuils. Évidemment, cela représente un problème et nous en sommes très conscients, surtout avec ce qui est survenu avec Cristiano da Matta en août dernier. Toutefois, les responsables du circuit ont pris beaucoup de précautions à ce sujet. Des clôtures ont été ajoutées autour de la piste et ils en ont aussi mises derrière la piste. Ce qui s’est produit jeudi et vendredi derniers, c’est que certains chevreuils s’étaient glissés entre la piste et la clôture avant la tenue des essais et ceux-ci n’avaient pas été repérés. Je crois que le tout sera réglé avant la fin de semaine de course.

De retour en piste

C’est le week-end prochain (8-9-10 juin) que nous reprendrons le collier en série Champ Car avec l’épreuve de Portland, nous qui sommes en « congé » depuis le 22 avril.

Nous avons profité de cette longue période pour effectuer des essais à Portland et à Tremblant. Nous avons découvert de nouvelles choses sur la voiture et nous avons hâte de les mettre en pratique pendant une course.

Ce laps de temps a été bénéfique pour nous. Nous n’avions pas pris le temps nécessaire pendant la période hivernale pour développer la voiture. Il était donc important pour nous de bien profiter de ces semaines pour améliorer certaines choses.

Horaire chargé

Malgré cette longue période d’inactivité en Champ Car, je dois dire que mon horaire est on ne peut plus chargé. Vendredi, j’ai quitté Tremblant en hélicoptère pour me rendre à Dorval. De là, j’ai pris l’avion pour le Connecticut afin de prendre part à une épreuve de la série Grand AM, lundi. J’ai malheureusement été contraint à l’abandon lors de cette course.

Présentement, je suis à Lansing, au Michigan, afin de modifier mon banc sur ma monoplace.

En fait, depuis la première course de la saison à Las Vegas, je n’ai passé que cinq nuits dans mon lit. Ces temps-ci, j’ai fait beaucoup de promotion pour le Tour du vainqueur avec Wal-Mart. J’ai fait aussi beaucoup de travail en rapport avec des commanditaires, j’ai fait de la promotion pour la course de Toronto et pour celle de Trois-Rivières. Disons que je n’ai pas vraiment le temps de m’ennuyer.

 

Une pause qui sera salutaire
Alexandre Tagliani

Dimanche 29 avril 2007-
Je vais passer les prochains jours à Portland pour y faire des essais avec ma voiture Champ Car. Comme il y a une longue pause avant la prochaine course, cet arrêt sera salutaire à notre équipe, qui n'a pas eu l'opportunité de rouler beaucoup en essais privés avant le début de la saison.

La prochaine épreuve aura justement lieu à Portland le 10 juin.

On en profitera pour trouver nos repères pour le reste de la saison. Nous avons eu trois courses collées et nous n'avons pas eu le temps de prendre un recul pour améliorer la voiture. Je pense que cet arrêt arrive à un bon moment compte tenu du fait que je cours avec un nouveau bolide.

L'équipe va avoir du temps d'apporter des changements pour l'améliorer. Il faut profiter au maximum de nos séances en piste parce que Champ Car impose des règles strictes à ce sujet. C'est-à-dire que nous ne pouvons pas faire plus de 600 milles d'entraînement en piste durant la saison. Comme nous sommes limités à ce niveau, nous allons probablement diviser nos entraînements en quatre périodes d'essais de 150 milles pendant la saison.

C'est pourquoi, les bilans sont très importants après chaque course. Les trois premières épreuves sur circuit routier nous ont donné des repères pour les autres courses sur ce type de piste. Ça va nous servir notamment à Toronto, San Jose et en Australie.

J'aime mon équipe, qui est très compétente. Au niveau budgétaire, nous ne sommes certes pas les plus riches mais nous sommes loin d'être les derniers. Comme les voitures sont presque identiques, l'important est faire des essais pour la mettre à ma main et trouver mes repères. Je pense que je vais arriver à des bons résultats bientôt.


Début de saison concluant

Je suis très satisfait de mon début de saison parce que nous sommes presque toujours compétitifs. Comme il y a six séances en piste par course, si on compte les qualifications, je dirais qu'une seule fois nous n'avons pas été compétitifs à mon goût en 18 séances. C'était lors des qualifications de Houston.

À Houston, j'ai terminé au neuvième rang lors d'une course marquée par plusieurs dépassements. Nous avons eu des ennuis au niveau de la ventilation lors des ravitaillements en essence. Ce pépin m'a forcé à effectuer cinq arrêts aux puits, ce qui a ultimement causé ma perte. Chaque fois que je m'arrêtais, j'étais en bonne position en piste mais comme je perdais un temps fou dans les puits, je sortais loin derrière.

J'ai donc effectué plusieurs dépassements en course, ce que j'ai bien aimé. Il y a certains pilotes que j'ai dépassés trois fois.

Les ennuis m'ont relégué en quatrième place au classement mais au moins, j'ai été en mesure de gruger des points à Will Power, qui a terminé derrière moi. Je suis bien heureux de ma position actuellement.

Lors de mon premier arrêt, j'étais septième et je me suis retrouvé dernier à mon retour en piste. Tout était à recommencer. Comme le réservoir à essence n'était pas plein, j'ai été dans l'obligation de rentrer deux fois de plus pour remplir le réservoir au complet. Par la suite, je suis remonté jusqu'en sixième place.

Après le dernier ravitaillement, je suis passé de la cinquième à la dernière place encore une fois. J'ai réussi à revenir jusqu'en neuvième position.

J'ai été dernier trois fois à cause des arrêts aux puits et une fois à la suite d'un impact avec la voiture de Katherine Legge. Compte tenu des circonstances, je suis content du résultat. Sans ces ennuis, j'aurais été plus haut au championnat.


Série Grand Am

Entretemps, je poursuis ma saison en série Grand Am où je me sens de plus en plus à mon aise. Une fois que tu connais la voiture, tu adaptes ton pilotage en conséquence. Je trouve cela très facile maintenant. Ce que je trouve toutefois difficile par contre, c'est de ne pas passer beaucoup de temps loin de la maison. Au moins, ça me permet de rester en contact avec la piste entre les épreuves de Champ Car. C'est bien beau l'entraînement physique comme du vélo de montagne ou du jogging mais ça ne remplace jamais la sensation d'avoir un volant entre les mains.

Ma voiture Grand Am est toute récente et son développement est encore embryonnaire. Je dirais que malgré tout, nous sommes compétitifs. D'ailleurs j'ai réalisé un record de piste à Daytona. Au Mexique, j'ai été parmi les trois premiers, avant d'avoir un problème dans les puits. À Homestaed, j'étais deuxième avant de me faire rentrer dedans alors que ce week-end en Virginie, j'ai eu des ennuis avec la boîte de vitesse.

Tous ces ennuis sont tout à faire normal selon moi parce qu'il s'agit d'une nouvelle voiture qui a été montée un mois seulement avant le début de la saison. Dans le fond, je teste pendant les courses. Il faut donc trouver le moyen d'être plus constant et de parvenir à garder les pneus durant un segment complet. La prochaine course aura lieu à Laguna Seca dans deux semaines. Tranquillement pas vite, les choses s'améliorent.


*propos recueillis par RDS.ca

 

Des résultats satisfaisants jusqu'ici
Alexandre Tagliani

Lundi 16 avril 2007-
Après une quatrième place à Las Vegas la semaine dernière, j’étais à quelques tours de monter sur le podium à Long Beach, mais une neutralisation et le mauvais état de mes pneus m’ont forcé à céder quelques places et j’ai finalement dû me contenter du cinquième rang.

Après avoir passé Simon Pagenaud au départ et Will Power lors d’une relance, j’étais troisième quand un drapeau jaune a été agité au 72e tour. Jusque-là, on était correct, mais quand j’ai vu ça, je savais que j’aurais de la difficulté à garder ma position à la relance de l’épreuve. Pourquoi? Mes pneus étaient surchauffés et on avait mis trop de pression dedans lors du dernier arrêt aux puits, ce qui fait que la voiture manquait d’adhérence et glissait un peu partout. En plus, on n’avait plus de push-to-pass.

Les gens qui regardent la course ne se rendent pas nécessairement compte de ces petites choses, mais au sein de notre équipe, on savait qu’on n’avait plus vraiment les outils pour se défendre quand la course a repris au 76e des 78 tours de l’épreuve. On manquait de compétitivité et ça allait être très difficile d