Février
2008
Un week-end qui me fait rêver
Je reviens de Sebring, en Floride, où je suis allé
effectuer des tests pendant toute la fin de semaine avec l’écurie
PKV. Honnêtement, ça n’aurait pas pu mieux
se dérouler et mon souhait le plus cher, aujourd’hui,
est de m’aligner avec cette équipe la saison prochaine.
J’ai
pris part à un total de cinq séances d’essais
et chaque fois, je suis parvenu à obtenir de bons résultats.
L’équipe a été très satisfaite
de mon travail, on m’a trouvé rapide. Il y a une
belle chimie qui s’est rapidement installée entre
les ingénieurs, les mécaniciens et moi. Tout s’est
fait de façon naturelle, comme si on avait toujours travaillé
ensemble. Ça a vraiment connecté avec tout le
monde.
Je
me suis très bien entendu avec Oriol Servia. On n’avait
pas mal les mêmes feelings au niveau de la voiture. À
un certain moment, on avait deux voitures réglées
différemment, mais on arrivait quand même à
des résultats presque similaires. C’était
plaisant de voir que je pouvais concurrencer avec lui avec une
approche différente.
Quand
Oriol et moi nous retrouvions dans les puits, on jasait des
différents comportements de nos voitures et on était
très souvent sur la même longueur d’ondes.
C’est bon, parce que ça installe déjà
un certain climat de confiance, ça prouve qu’on
est capable de travailler ensemble dans un seul but, celui de
faire rouler les voitures de l’équipe en avant.
Il
ne reste plus qu’à espérer que tout ça
aboutira à quelque chose de positif. J’ai eu l’opportunité
de voir ce que je pouvais faire dans une bonne voiture au sein
d’une équipe de haut niveau et ça ne m’en
prenait pas plus pour me mettre à rêver à
gagner, un jour, un championnat.
Une
chose est sûre, c’est tout un contraste avec l’année
passée. Chez RSPORT, il y avait du potentiel, mais seulement
si les deux équipes, Rocketsports et RuSPORT, étaient
restées fusionnées. Ça ne s’est pas
produit et une foule de problèmes en ont découlé,
des problèmes qu’une équipe ne peut pas
se permettre de rencontrer trop souvent.
La
grosse différence avec PKV, c’est qu’elle
travaille depuis longtemps dans l’optique de devenir une
équipe de pointe. C’est le mandat que se sont donnés
Jimmy Vasser et Mark Johnson depuis un bon moment : faire en
sorte que l’équipe aspire aux grands honneurs,
rien de moins. PKV opère également avec un budget
plus important et met beaucoup d’efforts dans le développement
dans le but de rétrécir l’écart avec
l’écurie Newman Haas, qui est présentement
l’équipe à battre.
À
cet égard, on a vu des résultats concrets dès
la fin de la saison dernière. Oriol s’est amené
avec l’équipe pour les deux dernières courses
et a fait la pôle position en Australie en plus de se
qualifier troisième au Mexique. Il a ensuite continué
son bon travail en essais et les patrons ont commencé
à se rendre compte qu’avec un pilote d’expérience,
les résultats étaient encourageants. Ça
a piqué leur curiosité, ils se demandaient si
la voiture était déjà rendue au niveau
qu’ils espéraient atteindre.
Tout
ça pour dire qu’ils ont un objectif clair, soit
d’être les meilleurs, et qu’ils sont près
à faire toutes les démarches nécessaires
pour y arriver.
Pas
de plan B
J’ai
de bonnes raisons d’être optimiste dans mes tentatives
de dégoter un contrat avec PKV. En fin de semaine, je
n’étais pas en compétition avec d’autres
pilotes pour mériter le deuxième volant disponible.
Je n’ai pas eu à me battre avec personne. J’étais
seul avec Oriol, comme si l’équipe était
déjà formée. En plus, on a déjà
commencé à parler de commanditaires et de budget.
Les
ingénieurs ont été surpris de mes connaissances
et de mon implication au niveau technique même si, comme
je ne suis pas sous contrat avec l’équipe, ils
ne pouvaient pas être très ouverts. C’est
logique : on ne pouvait pas vraiment discuter de la voiture
ouvertement parce qu’on ne savait pas si j’allais
la piloter cette année. Ils avaient donc des réserves
et les discussions étaient somme toute très superficielles,
mais les gars étaient quand même impressionnés.
Ça augure donc très bien si je suis appelé
à travailler officiellement avec eux.
La
situation dans laquelle je me retrouve est très motivante.
Je réalise maintenant que tout ce qui m’est arrivé
est peut-être un mal pour un bien, parce que maintenant
que j’ai goûté au professionnalisme et au
sérieux d’une équipe de haut niveau, je
ne veux plus jamais retourner à un endroit qui n’est
pas à la hauteur de ces conditions. C’est pourquoi
c’est un peu stressant de ne pas savoir si ça va
fonctionner avec PKV, parce que je n’ai pas de plan B.
Mon plan, c’est de rouler avec eux. Je ne veux rien d’autre.
Depuis
toutes ces années, je sens que j’ai fait ma part
pour la série. J’ai travaillé super fort
pour la supporter, pour intéresser des commanditaires
à y demeurer associés. J’ai mangé
mon pain noir. J’ai aidé des équipes à
s’améliorer techniquement, je suis parti à
zéro avec des équipes qui n’avaient aucune
expérience avec différents châssis. Je veux
maintenant qu’on me donne la chance de gagner. Placez
moi dans une équipe en reconstruction et c’est
certain que je vais pouvoir aider, mais j’ai prouvé
que je suis de calibre pour rouler en avant dans un bolide qui
m’en donne la chance. C’est maintenant le temps
que je puisse le faire.
Le
temps nous dira si ça va fonctionner, mais je m’estime
dans une bonne position. Selon moi, d’ici deux semaines,
tout devrait être réglé.
Le
Champ Car n’a pas besoin d’aide
La
série Champ Car a beaucoup fait parler d’elle dernièrement
quand des nouvelles rumeurs de fusion avec l’IRL ont fait
surface. Voici ce que je pense de tout ça.
Comme
la plupart des observateurs, je crois qu’il serait fantastique
d’avoir une seule série. On pourrait bâtir
un calendrier avec les meilleures courses des deux entités,
ce qui nous permettrait entre autres de participer au Indy 500,
et le calibre serait assurément plus relevé. Comme
on dit, deux têtes valent mieux qu’une et je crois
que c’est aussi vrai dans la situation qui nous intéresse.
Ceci étant dit, ça ne veut pas dire que le Champ
Car ne peut pas bourgeonner en tant que série unique.
Il
ne faut pas oublier que la série Champ Car a été
rachetée après une faillite de son ancien propriétaire.
Simplifions la situation et supposons, par exemple, que c’est
moi qui aie fait faillite avec ma compagnie et que vous désirez
vous en porter acquéreur. Ce n’est pas vous qui
avez fait banqueroute, c’est moi, mais vous achetez un
nom auquel je suis associé et malheureusement, les gens
vous jugent par rapport à ça. Vous aurez probablement
de la difficulté à obtenir un prêt à
la banque, par exemple, parce qu’on ne vous fera pas confiance.
C’est
le problème auquel fait face la série Champ Car.
Oui, elle a fait faillite. Oui, elle s’en allait dans
le trou. Mais pas avec les gens qui la supportent et qui la
financent présentement.
Pour
cette raison, la série prend du temps à en arriver
où elle veut, mais il faut garder l’esprit ouvert.
C’est vrai qu’il y a du pain sur la planche, mais
c’est une question de crédibilité plus que
d’autre chose. On a besoin de vedettes, de gros noms et
du support des gens. Il suffit de l’arrivée d’un
commanditaire majeur pour que tout prenne son envol. Ce jour
va arriver, parce que la série a tout pour connaître
du succès.
Je
ne suis pas Nostradamus et j’ignore ce qui va se passer
l’an prochain. Ce que je peux dire, c’est que je
suis satisfait de la façon dont les choses fonctionnent
en ce moment. La saison 2008 s’annonce encore meilleure
que celle qui est derrière nous. Il suffit que tout le
monde continue d’y croire.
11
novembre 2007 - C’est évident qu’en
terminant 13e lors de l’épreuve de Mexico, je n’ai
pas mis fin à ma saison comme j’aurais aimé
le faire. Pour moi, la dernière année aura été
ponctuée de hauts et – surtout - de bas et tout
ce qu’il me reste à faire, c’est de laisser
le passé en arrière et me concentrer vers l’avenir.
Au
début de l’année, la fusion des écuries
RuSPORT et Rocketsports me permettait d’être très
optimiste et j’étais rempli d’espoir. Je
travaillais avec un excellent coéquipier, Justin Wilson,
qui me motivait à repousser mes limites et à devenir
meilleur. Je n’avais aucune difficulté à
tenir mon bout et j’étais très satisfait,
très confiant.
Puis,
malheureusement, les choses se sont gâtées. Ça
ne revient pas à moi d’expliquer pourquoi, mais
l’équipe a décidé de se séparer
et chacun est retourné de son côté. On a
perdu l’avantage de pouvoir travailler en équipe
avec tout ce que ça comporte. Ça a commencé
par la perte d’accès à certaines informations,
puis à certaines pièces. Finalement, mon ingénieur
a décidé de traverser la clôture et de rester
avec RuSPORT. Il y a eu un paquet de petites chicanes internes,
l’intérêt de plusieurs membres de l’équipe
s’est mis à diminuer et on a perdu beaucoup de
plumes. J’ai eu quelques accrochages avec mon propriétaire,
Paul Gentilozzi, des petits conflits qu’on essaie encore
de régler.
Ce
fut vraiment le genre de saison qu’aucun pilote ne souhaite
connaître. On a manqué de constance, on a manqué
de stabilité, on a manqué de tout. Comme je vous
l’ai souvent expliqué dans mes chroniques précédentes,
on a perdu des opportunités hallucinantes dans plusieurs
courses. Je n’ai jamais abandonné et j’ai
continué de donner tout ce que j’avais, mais ce
n’était pas facile.
L’épreuve
mexicaine résume bien ma fin de saison. Quelques pilotes,
dont Oriol Servia et Paul Tracy, m’appelaient pour me
demander ce qui se passait avec ma voiture. Ils ne comprenaient
pas comment ils pouvaient me passer aussi aisément, ils
disaient que j’avais l’air de m’en aller tout
croche. Je ne savais pas vraiment quoi leur répondre…
Parfois,
quand les choses commencent à moins bien aller, tu as
beau essayer de changer tout ce que tu veux, de tenter l’impossible
pour freiner tes déboires, on dirait que tes malheurs
ne font que prendre de l’ampleur. Dans un sport aussi
compétitif que la course automobile, si tu veux avoir
le droit de rêver au succès, tu dois être
constant et ne laisser aucun détail au hasard. Ce n’est
pas ce qu’on a fait. On attendait toujours le miracle,
la chance, l’abandon des autres pour obtenir de bons résultats.
Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne!
On
aurait pu avoir une très bonne saison, mais on a été
incapable de tirer avantage des possibilités qui se sont
présentées à nous comme équipe.
À la toute fin, on s’est retrouvé au point
de départ, comme c’était avant la fusion,
quand on était horrible et que rien ne fonctionnait.
L’avenir
est encourageant
Malgré
tout, j’ai connu de bons moments. Mon association avec
mon partenaire H. Grégoire s’est poursuivie pour
une troisième année et nous resterons unis l’an
prochain. Je suis devenu représentant pour le Tour du
Vainqueur avec Wal-Mart, Tide, Proctor & Gamble. Je crois
que dans l’avenir, ça sera dans le meilleur intérêt
de la série Champ Car de travailler en équipe
avec tous ces partenaires pour faire en sorte d’être
bien représentée au nord des États-Unis.
Je sais aussi qu’un organisateur comme Lawrence Stroll,
à Tremblant, veut me voir de retour dans la série.
J’ai
eu l’opportunité de participer à deux courses
en NASCAR Canada, où je me suis qualifié deux
fois dans les trois premiers. J’ai eu quelques problèmes
avec la voiture, mais on m’a promis un bolide compétitif
si jamais je décidais de répéter l’expérience
l’an prochain.
Mon
agent et moi avons une importante rencontre prévue à
Montréal avec un commanditaire très important
qui pourrait détenir la clé de mon avenir dans
une équipe de pointe en Champ Car. Je n’ai présentement
aucune attache avec une écurie de la série, je
suis libre comme l’air, et ce que je recherche, c’est
évidemment l’opportunité de remporter des
épreuves. C’est ma priorité. Quand je suis
dans une bonne voiture, l’esprit en paix, je suis à
mon meilleur. Certains journalistes américains ont dit
que j’étais un des trois pilotes de la série
capables de tenir une voiture en piste sans l’accidenter.
C’est certainement quelque chose qui pourrait jouer en
ma faveur.
Si
vous lisez entre les lignes, vous comprendrez que je ne compte
pas être de retour avec Rocketsports. De toute façon,
je ne sais même pas si cette équipe va exister
l’an prochain. J’ai entendu toutes sortes de rumeurs,
mais je ne suis pas allé au fond de l’histoire.
Je préfère m’occuper des mes propres affaires.
Si
je suis capable de me trouver une place au sein d’une
équipe de pointe, mes bons résultats pourraient
engendrer tellement de choses positives pour moi au niveau des
commanditaires et de la visibilité de la série
au Canada. Je vais donc me croiser les doigts au cours des prochaines
semaines, des prochains mois.
Ça
ne m’arrêtera quand même pas de voir ce qui
peut s’ouvrir pour moi ailleurs. Je travaille sur quelques
projets, sur d’autres possibilités. On pourrait
dire que j’ai un plan B. Je ne peux pas en dire trop pour
l’instant, mais je peux vous assurer que mon premier choix,
c’est le Champ Car.
Je
ne suis pas satisfait de la façon dont ma saison s’est
déroulée. Je veux recommencer à zéro
avec une bonne équipe qui va me permettre d’exploiter
mon talent à son maximum. Tout le monde à qui
je parle est de mon avis. Ce n’est pas sain, ce n’est
pas normal d’avoir à travailler dans les circonstances
que j’ai connues cette année. Je ne veux pas rester
avec ce goût amer en bouche.
Dans
ma tête, je revois les souvenirs de mon début de
saison et c’est ce que je veux revivre pour une saison
complète. C’est pour ça que mon désir
premier est de revenir en Champ Car et je crois que les chances
sont excellentes.
J’ai
confiance que de bonnes choses s’en viennent pour moi
et que ma carrière prendra un tournant positif.
Là-dessus,
je voudrais remercier tous les internautes qui m’ont suivi
et supporté cette saison. Comptez sur moi pour vous tenir
au courant des prochains développements dans ma carrière!
À
la prochaine,
Alex.
Trois-Rivières,
ensuite l'Europe
Alexandre Tagliani
Mercredi 15 août 2007
RDS.ca
Deux semaines après avoir passé le week-end à
Montréal, me voilà à Trois-Rivières
dans le cadre de la fin de semaine du Grand Prix. À l’agenda,
une autre course de CASCAR avec Andrew Ranger et plusieurs activités
de promotion aux abords du circuit. En vérité,
je devrais passer pas mal plus de temps hors piste que derrière
un volant.
L’an
dernier, j’avais effectué un retour à Trois-Rivières
après une longue absence et j’avais adoré
ça. J’avais alors conduit en série Grand-Am
avec Valérie Limoges. J’ai plusieurs excellents
souvenirs associés à cette ville. J’y ai
connu beaucoup de succès en Formule Atlantique, faisant
la pôle à quelques reprises et goûtant aussi
aux joies de la victoire. Peu importe la catégorie dans
laquelle je reviens courir, l’atmosphère est la
même. Les gens sont vraiment chaleureux et on sent qu’ils
sont fortement attachés à leur Grand Prix.
Après
mon expérience de l’an dernier, les organisateurs
m’avaient demandé de revenir et j’avais accepté
sans hésiter. C’est important pour moi de venir
donner du temps à l’événement, pour
l’aider à connaître du succès. Ce
n’est pas parce que je suis rendu en Champ Car que je
dois négliger mes racines. C’est ma façon
de redonner aux sports automobiles, une passion qui m’a
tant apporté. Le Grand Prix de Trois-Rivières
est un super bel événement et il faut tout faire
pour que ça marche. Quand je vais travailler aux États-Unis,
je suis pas mal moins en demande, mais ici j’essaie d’en
faire le plus possible.
Au
niveau de la course comme telle, ce sera un peu différent
de Montréal, où il y avait eu deux pratiques et
la qualification dans la même journée et la course
le lendemain. Ici, il y aura une pratique le vendredi, la qualif
samedi et la course dimanche.
Une
escale dans le Wisconsin
Entre
mes deux passages au Québec, j’ai fait un détour
vers le Wisconsin pour disputer l’épreuve d’Elkhart
Lake, sur le circuit de Road America. J’ai réalisé
une cinquième place, un bon résultat comparativement
à mes récentes performances, mais un résultat
frustrant d’une certaine façon. Je vous explique
tout ça.
Je
le dis souvent, en Champ Car, tu as besoin d’un peu de
chance et, encore une fois, les choses n’ont pas tourné
à mon avantage en fin de semaine dernière. Le
fait qu’il y eut un seul et unique drapeau jaune, et ce
au tout début de la course, a joué en notre défaveur
et a permis à Oriol Servia et Dan Clarke de terminer
devant moi.
Servia
partait du 14e rang et lorsque la neutralisation est survenue,
il a décidé d’arrêter tout de suite
aux puits. Son équipe pouvait se permettre une telle
décision. Vue sa position sur la grille de départ,
elle n’avait rien à perdre. Nous qui étions
déjà bien positionnés à l’avant,
on ne voulait pas risquer de perdre des places inutilement.
Servia a finalement bénéficié de son passage
précoce aux puits de deux façons : il a changé
de pneus, ce qui lui a permis de faire des bons temps à
son retour pendant que les autres se cassaient le bicycle, en
bon québécois, pour rester en piste. Deuxièmement,
comme il n’y a pas eu de drapeau jaune, j’ai dû
faire un splash and go avec quatre tours à faire, c’est-à-dire
un arrêt aux puits rapide pour mettre juste assez d’essence
pour finir la course. Servia, lui, n’a pas eu à
le faire et en a profité pour me dépasser.
Ça
me fait un peu penser à la course de Paul Tracy à
Cleveland. Deux fois, il avait amoché son aileron et
avait dû rentrer aux puits sur un jaune pour aller le
remplacer. Il n’était tellement pas compétitif
que je l’ai dépassé deux fois en course.
Qu’est-ce qui est arrivé? Il a gagné! Quand
les drapeaux tombent pour toi et que les dieux de la course
sont sur ton bord…
C’est
pour ça que je n’arrête pas de répéter
qu’en Champ Car, pour gagner, ça prend de la rapidité
et de la chance. La rapidité, je l’avais. J’avais
été le plus rapide dans la pratique du matin.
Tout ce que ça me prenait, donc, c’est un peu de
chance. J’ai pris un pari et je l’ai perdu. Si j’étais
un joueur de hockey, je dirais que la puck n’a pas roulé
pour nous autres.
J’étais
d’autant plus déçu de ce bon résultat
qu’il rendait mes déconfitures précédentes
encore plus frustrantes. À Edmonton, j’étais
en quatrième place et personne n’était en
position pour me déloger, mais j’ai manqué
de carburant. Vingt-trois points aux poubelles. À San
Jose, je conduisais un missile. La voiture était parfaite,
je pouvais faire ce que je voulais avec. J’étais
en tête et celui qui me suivait, Robert Doornbos, était
monté là de la même façon que Tracy
à Cleveland. Il n’était pas rapide comme
moi et ne pouvait pas me passer. Hé bien! D’autres
problèmes en sortant des puits, mon moteur étouffe,
et quand je finis par ressortir, le système de changement
de vitesses au volant est défectueux. Un autre 31 points
chez le diable.
Ça
fait un total de 54 points que, si j’additionne aux 161
que je possède présentement, m’en donnent
205. Où serais-je avec 205 points? Au troisième
rang du championnat des pilotes. Et je n’ai pas parlé
de Toronto, où tout est allé tout croche.
Tout
ça pour dire qu’il faut terminer les courses où
on roule dans les premiers. On n’a pas besoin de faire
de miracles pour finir dans les trois premiers au championnat
et c’est pour ça que c’était mon objectif
au début de la saison. Si tu finis constamment dans le
Top 5, tu vas te retrouver sur le podium à la fin de
la saison et c’est ce qu’on faisait au début
de l’année. La seule chose qui nous éloigne
de notre objectif, ce sont les gaffes qu’on a faites.
On se rend compte que, dans le fond, on n’a seulement
à faire nos petites affaires et les résultats
vont venir.
Maintenant,
il va falloir travailler très fort pour terminer dans
le Top 4. Mathématiquement, le Top 3 est toujours accessible.
Il reste les deux courses en Europe, l’Australie, le Mexique
et Phoenix. Cinq épreuves, un total de 155 points à
accumuler. Une moyenne d’une cinquième place par
course me donnerait 105 points et présentement, je suis
à 29 points de la quatrième place, à 36
de la troisième. Il suffit d’une mauvaise épreuve
d’un gars comme Will Power pour gagner du terrain.
Mais
c’est ce qui est dommage. On en est rendu à devoir
se fier aux autres pour pouvoir remonter. Je n’ai plus
complètement mon destin entre mes mains. Il faudrait
quasiment être sur le podium à toutes les courses
pour ne pas avoir à espérer un DNF d’autres
pilotes. On a du pain sur la planche. Ça ne sera pas
facile, mais on ne s’avouera pas vaincus.
De
l’autre côté de l’Atlantique
C’est
le moment de l’année où la Série
Champ Car prend l’avion pour traverser l’Atlantique.
Les deux prochaines courses seront disputées en Belgique
et aux Pays-Bas sur des circuits que je ne connais pas du tout.
Ça devrait être intéressant.
Il
y aura ensuite l’Australie, le Mexique et Phoenix, mais
avant, ma femme Bronte et moi nous promettons une petite semaine
de vacances à Paris. On n’a jamais visité
la Ville lumière et on va profiter de notre passage en
Europe pour y aller. Bronte a travaillé très fort
cette année et on ne s’est pas vu souvent en début
de saison, mon horaire étant doublement chargé
avec le Grand-Am.
Pour
revenir à l’épreuve de Belgique, elle sera
disputée sur le circuit de Zolder, celui où Gilles
Villeneuve s’est tué en 1982. Pas de doute, ça
va être très spécial pour moi de courir
à cet endroit. Pour être honnête, je ne suis
pas très heureux d’y aller, même que je m’en
passerais volontiers. Aller sur un circuit où l’une
de mes idoles s’est tuée, ça fait un petit
quelque chose au cœur. C’est certain que quand je
vais arriver sur place, ça va me faire bizarre et ça
va m’affecter un peu au début.
J’ai
commencé à penser à une façon de
lui rendre hommage. J’ai déjà coursé
avec un casque aux couleurs de Gilles au Grand Prix du Canada,
mais honnêtement, je suis un peu superstitieux et je ne
suis pas certain que ce soit une bonne idée de mettre
un casque semblable au sien à l’endroit où
il a perdu la vie. Mais je ne sais pas, je ferai peut-être
faire un petit collant que je mettrai sur ma monoplace avec
une pensée et un drapeau du Québec… J’ai
encore le temps d’y penser.
Parlant
de Grand-Am
Pour
revenir sur ma saison en Grand-Am, j’ai finalement décidé
de mettre ça de côté. Ça prenait
beaucoup de mon temps et il commençait à y avoir
de plus en plus de conflits d’horaires. Mais quand même,
je suis content d’avoir eu l’opportunité
de toucher à cette catégorie. Maintenant, je sais
c’est quoi. Je me suis fait une idée et j’ai
établi des contacts qui pourraient me servir dans le
futur.
Comme
je disais dans ma chronique précédente, je me
vois encore en Champ Car l’an prochain, mais c’est
toujours bon d’avoir des opportunités ailleurs.
Par exemple, Sam Hornish et Juan Pablo Montoya couraient en
NASCAR, mais ils sont allés faire les 24 Heures de Daytona.
Personnellement, j’aimerais bien faire les 24 Heures du
Mans un jour. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion
de suivre l’expérience de Jacques Villeneuve cette
année, ça n’a pas vraiment adonné,
mais ça m’intéresserait d’essayer
ça.
Bourdais
sera remplacé
J’étais
bien heureux pour Sébastien Bourdais quand j’ai
appris qu’il s’était finalement trouvé
une place en Formule 1. Ça faisait longtemps qu’il
voulait faire le saut et l’opportunité s’est
présentée à lui. Quand ça arrive,
tu ne peux pas laisser ça passer, parce que ce n’est
pas le genre d’offre qu’on reçoit tous les
jours.
Je
suis pas mal certain qu’il aurait préféré
faire son entrée chez Ferrari ou McLaren, mais ça
ne veut pas dire qu’il va rester toute sa vie chez Torro
Rosso. Une chose est certaine, il va falloir que Sébastien
commence à s’armer d’un caractère
assez fort. Il est habitué de rouler en avant avec une
voiture qui est toujours au-dessus de celle des autres. En F1,
il y a tellement une grande différence entre les voitures
que tu dois accepter le fait que tu n’a pas toujours –
pour ne pas dire jamais - la chance de rouler avec les meilleurs.
Il va falloir qu’il développe une patience assez
forte pour ne pas capoter.
Maintenant,
qu’est-ce qui va arriver à la série Champ
Car? Moi, ça ne me surprendrait pas que son remplaçant
s’amène et domine tout autant.
Dans
ma tête, c’es clair que personne ne prendra la place
de Sébastien dans une autre voiture que sa Newman-Haas.
Si quelqu’un devient compétitif autant que Bourdais,
c’est qu’il a moindrement de talent et qu’il
aura la chance de sauter dans la même voiture. Ce gars-là
deviendra alors l’homme à battre. Le nom va changer,
mais les résultats seront les mêmes.
Il
faut que les autres équipes travaillent extrêmement
fort pour rétrécir l’écart avec Newman-Haas
et à cet égard, je crois qu’on a vu la lumière
au bout du tunnel cette année. On a vu des gars comme
Power obtenir plusieurs bons résultats, Wilson faire
la pôle. J’ai roulé en avant de Bourdais
à San Jose. Ça montre que les équipes peuvent
battre Newman-Haas. Où eux se démarquent, c’est
qu’ils sont rapides à CHAQUE course, alors que
le reste du peloton connaît des hauts et des bas. On n’est
pas assez constant tandis qu’eux sont toujours sur la
coche. Ils ont la constance, la rapidité, la performance.
Le
portrait de la série changera à coup sûr
la saison prochaine et ça sera intéressant à
surveiller. Mais avant de penser à l’an prochain,
je dois me concentrer sur ma fin de saison. Quand on se reparlera,
je serai sur un autre continent.
À
la prochaine!
On
s'est encore tiré dans le pied
Alexandre Tagliani
Lundi 23 juillet 2007
Mon
séjour au Canada s’est terminé en queue
de poisson alors que, pour la première fois de la saison,
je n’ai pas réussi à terminer une épreuve
à Edmonton en fin de semaine dernière. C’est
un peu l’histoire de ma saison qui s’est répétée
: un bon résultat était à notre portée
jusqu’à ce qu’on se tire dans le pied.
J’étais
en sixième place, aux trousses de Graham Rahal et Simon
Pagenaud, et j’étais prêt pour mon deuxième
arrêt aux puits quand on m’a demandé de faire
un autre tour avant d’entrer. Sauf que pendant ce tour,
j’ai manqué de carburant et je suis parvenu à
retrouver mon équipe de peine et de misère.
Certains
ingénieurs au sein de l’équipe insistent
pour dire que mon réservoir contenait suffisamment d’essence
pour que je rallie la ligne des puits sans aucun problème
selon leurs calculs. D’après eux, c’est un
problème avec le pickup qui fut la cause de nos malheurs.
Le
pickup est un instrument qui se trouve dans le réservoir
à essence et qui a pour fonction d’envoyer au moteur
le plus de carburant possible quand il arrive à sec.
Sur les circuits qui comptent de longs virages avec beaucoup
d’appui aérodynamique, le pickup peut être
calibré de façon à ce qu’on puisse
rouler jusqu’à ce qu’il reste l’équivalent
de la moitié d’une canette de liqueur dans le réservoir.
Bref,
selon les ingénieurs, j’avais assez d’essence
pour faire un tour supplémentaire et c’est le pickup
qui n’a pas fait son travail. Pourquoi? Je l’ignore…
Tout
ce que je peux dire, c’est qu’encore une fois, on
a été victime d’un problème quelconque
et c’est ce genre de problème qu’il faudra
éliminer au plus vite. Si on ne le fait pas, on ne sera
jamais capable de finir dans le Top 3 au championnat ou de finir
sur le podium.
En
fin de semaine, en course, on avait finalement une voiture,
à partir de la séance de réchauffement,
assez compétitive pour se battre avec Rahal et Pagenaud,
donc pour la troisième marche du podium. On avait complété
un tour rapide de 60,3 secondes au 46e tour de la course et
ces gars-là ont fait 60,2 et 60,0 aux 86e et 90e tours
de l’épreuve. On était très rapide
à ce moment-là et tout ce qu'il fallait faire,
c’est rester en piste. Pagenaud l’a fait et a terminé
en quatrième place. Même Paul Tracy, qui n’était
même pas compétitif avec nous, a terminé
cinquième.
Tout
ce qu’on avait à faire, c’est de terminer
la course!
Doornbos
n’avait rien à gagner
Après
ma sortie des puits, j’avais un tour de retard sur les
meneurs. Je tentais de regagner le plus de terrain possible
quand mon chemin a croisé celui de Robert Doornbos. À
l’entrée d'un virage, ma roue avant gauche est
entrée en contact avec l’arrière de son
bolide, une collision qui nous a fait perdre le contrôle
et qui a mis fin à ma course.
C’est
dommage. C’est certain que j’avais un tour de retard
sur lui et certains diront que ça ne me donnait rien
de forcer la note, mais je suis un pilote qui a une bonne tête
sur les épaules. Je ne m’en allais pas là
pour m’accrocher avec lui, mais j’étais une
seconde plus rapide que lui et je ne vois pas ce qu’il
avait à gagner en s’entêtant à ne
pas me laisser passer quand il n’avait personne, ni en
avant ni en arrière, avec qui se battre. Tout ce qu’il
avait à faire, c’est me laisser aller parce qu’il
a bien vu dans ses rétroviseurs que j’étais
plus rapide que lui. Il n’y aurait jamais eu d’accrochage.
Quand
il arrive un problème à Sébastien Bourdais
et qu’il reprend la piste avec un ou deux tours de retard,
va-t-il se contenter de rester derrière un pilote qui
est une seconde plus lent que lui? En autant que le pilote retardataire
ne vient pas s’immiscer dans une bataille entre deux pilotes
qui font partie du même tour, ça donne quoi de
s’entêter à essayer de se battre avec un
gars qui est beaucoup plus rapide? Je trouvais que ça
n’avait aucun bon sens.
Bis
À
partir de maintenant, tout ce que je peux faire, c’est
de répéter ce que j’ai dit dans ma chronique
précédente. Tout le monde essaie de faire son
possible, tout le monde essaie de bien travailler, mais en Champ
Car, avec la compétition qu’il y a en ce moment,
on ne peut se permettre d’accumuler les erreurs.
En
ce moment, on n’a pas été assez parfait
dans un week-end complet et ça nous coûte des positions
hyper importantes, mais ce qu’il ne faut surtout pas faire,
c’est de lâcher. Il faut tout faire pour améliorer
la situation de A à Z, sur tous les petits points…
On est là, on a tout ce que ça prend pour performer.
Il faut juste avoir un week-end sans erreur.
Je
parle constamment avec mon ingénieur, j’ai une
bonne relation avec lui. Les mécanos font du très
bon travail au niveau de la préparation de la voiture.
De mon côté, en tant que pilote, je ne peux pas
voir tout ce qui se passe dans les coulisses. Tout ce qu’on
est en train de vivre, de passer au travers, il y a des gens
qui sont mieux placés que moi pour y trouver des solutions.
Tout ce que je peux dire, c’est qu’en ce moment,
on ne doit pas abandonner. Il y a encore beaucoup de courses
à disputer. Un DNF d’une équipe ou d’un
pilote change la course au championnat au complet. La pire chose
qu’on pourrait faire en ce moment, c’est abandonner.
On doit continuer de faire ce qu’on fait, mais le faire
un peu mieux.
Ça
ne donne rien de regarder chez le voisin
Les
succès de mon coéquipier Justin Wilson ne rendent
pas mes déboires plus difficiles. Ce que Justin fait
sur la piste, jusqu’à un certain point, je m’en
fous un peu.
Tout
ce que je peux dire, c’est que nous sommes les seuls responsables
de ce qui nous arrive, les artisans de notre propre malheur.
Si
on n’était pas capable de comprendre, si on ne
savait pas pourquoi de mauvaises choses nous arrivent, je me
poserais des questions, mais on sait tout ce qu’on fait
de mal. Ça ne prend pas la tête à Papineau
pour s’apercevoir qu’il y a quelques endroits au
cours de la saison où on a laissé filer de très
bons résultats.
Chaque
fois qu’on est en piste, que la voiture va bien et qu’on
n’a pas de problèmes, on est toujours dans le Top
5. C’est là qu’on doit être, toujours,
toujours, à chaque pratique, à chaque qualif.
À un moment donné, ça ne donne rien de
regarder ce que les autres font. Il faut regarder dans notre
propre cour.
On
se reparle après l’épreuve de San Jose
Il
va falloir que ça change
Alexandre Tagliani
Lundi 09 juillet 2007
Nous
avons connu un autre week-end difficile à Toronto. Je
vais mettre une chose au clair tout de suite : je ne veux pas
remuer des pensées négatives et commencer à
chercher des coupables et à pointer des gens du doigt.
Ça ne ferait qu’empirer la situation et détruire
l’atmosphère de travail chez RSPORTS et ça,
c’est la dernière chose que je veux.
Sauf
qu’il faut aussi admettre qu’il y a bien des choses
à régler au sein de notre équipe.
Encore
une fois, en fin de semaine, il y a eu beaucoup trop d’erreurs
commises à tous les niveaux. Le système de ravitaillement
nous a fait perdre du temps dans les puits, la pression des
pneus n’était jamais adéquate… On
ne peut pas tenir notre bout, avec toute la compétition
qu’il y a au sein de la série Champ Car, dans ces
conditions. C’est impossible.
Revenons
sur l’épreuve de Toronto. Dès le premier
tour, au virage numéro 3, je me suis fait rentrer dedans
par Simon Pagenaud, avec comme résultat que j’ai
été victime d’une crevaison et que j’ai
dû entrer aux puits. Ça n’allait déjà
pas bien, mais on s’est rendu compte que j’aurais
dû rentrer de toute façon tôt ou tard parce
que la pression des pneus n’avait pas été
correctement ajustée avant la course.
Même
problème avec mon nouveau train de pneus. Manque de communication?
Confusion? Tout ce que je peux dire, c’est que quand je
suis revenu en piste, la voiture glissait de tous bords, tous
côtés. L’équipe me disait que le problème
serait réglé à mon prochain arrêt.
Après la course, mon ingénieur m’a dit que
ses consignes n’avaient pas été exécutées.
Malgré
tout, la course a pris une tangente qui nous avantageait par
la suite. On était plein de carburant et le nombre élevé
de drapeaux jaunes regroupait le peloton. À un certain
moment, on était septième, en très bonne
position pour connaître une bonne fin de course et peut-être
même remporter l’épreuve.
Mais
la pluie s’est mise à tomber. J’ai fait savoir
à mon équipe que je devais rentrer pour changer
les pneus, mais on m’a demandé de faire un tour
de plus. Je n’ai pas compris exactement pourquoi, mais
bon, je suis dans la voiture, je ne me pose pas de questions.
C’était peut-être une question de stratégie,
peut-être qu’on n’était tout simplement
pas prêt à me recevoir.
Il
était vraiment temps que je rentre. Me pneus étaient
gonflés au maximum, avaient surchauffé, étaient
complètement détruits. C’était comme
si je roulais sur des ballounes. Et quand on me demande d’attendre,
la pluie commence à tomber encore plus fort.
Quand
je suis arrivé dans la ligne droite en arrière,
j’ai perdu le contrôle et je me suis retrouvé
juste à côté d’un mur de pneus, sans
dommage. J’étais prêt à décoller,
mais Oriol Servia a spinné à la même place
que moi et m’est rentré dedans. Je me suis enlisé
dans le mur et le temps qu’on nous sorte de là,
j’avais perdu deux tours.
Quand
je suis finalement rentré pour mettre mes pneus de pluie,
il y avait encore un problème au niveau de la pression!
Donc, même si tout avait été correct jusque-là,
on aurait eu un problème à la fin. À un
moment donné, trop, c’est trop.
Paul
Tracy a été forcé de rentrer aux puits
à Cleveland, mais il a tout de même gagné
la course. Pourquoi? Parce que son équipe a été
capable d’effacer une erreur commise en début d'épreuve.
Tracy a continué de rouler à fond de train et
son entourage a fait un travail impeccable jusqu’à
la fin. De mon côté, ces petites erreurs s’accumulent
et finissent par coûter cher.
Il
y a quand même du positif
Je
pense que ce n’est pas tout le monde qui se rend compte
à quel point la moindre petite chose peut avoir une répercussion
sur le résultat final, faire la différence entre
un podium et une sixième place. Si chaque membre de l’équipe
pouvait comprendre ça – je ne dirais pas prendre
le travail plus au sérieux, mais d’être aussi
concentré que le pilote – nos résultats
seraient bien meilleurs. Le pilote ne peut pas se dire "Je
n’ai que trois heures de sommeil dans le corps, je ne
me suis pas entraîné, je suis fatigué, mais
je vais être capable de suivre". Si tout le monde
a fait ses devoirs sauf toi, tu n’as aucune chance.
On
va se parler, on va se rencontrer cette semaine. Je vais soulever
les problèmes qui arrivent le plus fréquemment
et j’ai l’intention de proposer des pistes de solution.
Je ne m’en vais pas là uniquement pour chialer.
Mes critiques seront constructives, je vais apporter mes idées.
Je
ne veux pas qu’on désespère, parce qu’il
reste encore une course avant la mi-saison et on a vraiment
besoin d’avoir une meilleure deuxième moitié
de saison que la première. Je suis capable de tourner
la page et je sais que la situation n’est pas encore dramatique.
Will Power ne semblait pas vraiment dangereux au classement
des pilotes, mais il est tombé troisième avec
sa victoire à Toronto. Ce n’est pas la fin du monde.
Tout peut changer bien vite.
Surtout
que, il faut le souligner, on a fait plusieurs bonnes choses
cette année. Tout n’est pas négatif. Je
dis chapeau à mes mécanos pour m’avoir toujours
donné une voiture fiable. On a réussi à
finir toutes les courses dans le Top 10 et dans le premier quart
de la saison, on se qualifiait en bonne position.
En
fin de semaine, par exemple. On prenait le départ en
sixième place, ce qui n’est pas mauvais. Au départ,
j’ai passé Pagenaud par l’extérieur
et j’étais en train de pointer Junqueira quand
je me suis fait rentrer dedans. Ça, c’est le genre
d’incidents qui sont hors de notre contrôle. De
la pure malchance.
Mais
à partir de là, si nous avons des opportunités
dans la course pour tourner ça à notre avantage...
Il faut rester parfait, mais on ne l’est pas. On accumule
trop d’erreurs et c’est impardonnable. Dans ce temps-là,
impossible de rivaliser avec les autres. Power a gagné
la course sans rien faire de spécial. Il n’a pas
passé personne! Il a fait sa petite affaire, n’a
pas commis d’erreurs, tout a bien été dans
les puits et c’est lui qui voit le drapeau à damiers
en premier.
Pour
nous, de la façon dont la course s’est déroulée,
avec la stratégie qu’on avait, l’occasion
ne pouvait être plus belle et on n’a pas été
capable de la ramasser. C’est frustrant, c’est dommage.
On passe à côté de belles opportunités.
Il va vraiment falloir que tout le monde se mette sur la même
longueur d’ondes. On a tout ce qu’il faut pour être
capable de gagner les épreuves. Il faut maintenant tout
mettre ensemble pendant une course complète.
Je
suis confiant que tout rentrera dans l’ordre et qu’on
va s’améliorer. C’est mieux que ça
arrive à ce moment de la saison. Il n’est pas trop
tard pour réaliser que ça fait plusieurs podiums
qu’on perd. Il est toujours temps de remédier à
la situation.
Edmonton
dans deux semaines… On se reparle d’ici là.
Une belle occasion de se reprendre
Alexandre Tagliani
Mercredi 04 juillet 2007
J’ai
adoré le temps passé à Tremblant, mais
je n’ai pas eu le temps d’y flâner bien longtemps
après la course de dimanche. Le devoir m’appelait
dans la Ville Reine, où je me trouve depuis lundi pour
y disputer la deuxième d’une série de trois
épreuves en sol canadien.
Depuis
mon arrivée, j’ai pris part à différentes
activités promotionnelles pour des commanditaires et
des causes auxquelles je suis associé. J’ai rencontré
des jeunes amateurs de course, participé à quelques
séances d’autographes. Jeudi, il y aura la conférence
de presse officielle au circuit et un gala en soirée.
Après ça, on commence à rouler.
C’est
fou comment le temps a passé vite depuis la fin de l’épreuve
de Tremblant. On pense qu’on va avoir un peu de temps
pour se reposer, mais c’est impossible de faire le touriste!
L’épreuve
de Toronto arrive à point pour notre équipe. Il
faut se rendre à l’évidence que nous ne
sommes pas à notre meilleur sur les circuits routiers
depuis le début de la saison. Nous tardons à trouver
les réglages qui pourraient maximiser l’efficacité
de la voiture et plus ça va, plus ça nous pénalise.
Les
statistiques nous démontrent d’ailleurs que nous
sommes un peu plus rapides sur les circuits de ville comme celui
de Toronto. Je crois donc que l’occasion est bonne pour
laisser les petites déceptions du passé en arrière
et bâtir sur de nouvelles bases.
J’aime
bien le circuit de Toronto. J'y suis monté sur le podium
deux fois depuis 2001 et l’an dernier, j’ai terminé
sixième après être parti de la dixième
place. J’avais alors enregistré le tour le plus
rapide en piste.
Le
fait que le circuit de Toronto offre un bon mélange de
virages est l’une des raisons pourquoi j’aime bien
y courir. Il y a des courbes très rapides près
de la ligne de départ-arrivée, d’autres
qu’on aborde à vitesse moyenne et quelques uns
plus lents. Il y a aussi de bonnes lignes droites assez larges
et on y a vu des bons dépassements au cours des dernières
années.
Je
crois que c’est un circuit qui récompense les pilotes
plus agressifs, qui cherchent constamment à améliorer
leur position. Ça peut m’avantager.
Je
ne ressens pas nécessairement de pression supplémentaire
quand je cours au Canada. Je ne peux quand même pas nier
que j’aimerais particulièrement bien performer,
pour l’équipe mais aussi pour les commanditaires.
On
verra comment ça va aller… On s’en reparle
la semaine prochaine.
Les
sceptiques ont été confondus
Alexandre Tagliani
Dimanche 01 juillet 2007
S’il
y avait des sceptiques quant à la tenue d’une épreuve
Champ Car à Tremblant, ils ont été confondus
en fin de semaine. Pour moi, le franc succès de l’événement
compense pour mes résultats en piste, qui n’ont
pas été à la hauteur de mes attentes.
L’achalandage
tout au long de la fin de semaine a été surprenant
et les nombreux amateurs avec qui j’ai parlé à
partir de mon arrivée sur le site ont été
unanimes : ils ont adoré l’expérience.
La
piste était super belle et pouvait accueillir des spectateurs
un peu partout. Dans la montagne, dans les coins 1, 2 et 3…
Quand on a fait la parade des voitures, on voyait très
bien la meute de spectateurs qui était aussi amassée
au virage numéro 12. Je trouvais ça fantastique
de voir qu’autant de personne s’étaient déplacées.
De leur place, ils pouvaient vraiment apprécier la vitesse
des voitures Champ Car.
Tous
les pilotes avec qui j’en ai parlé partagent mon
avis. Reste à améliorer quelques points au niveau
de la sécurité, mais je crois que tout est en
place pour bâtir une belle tradition dans les Laurentides.
La
pluie nous a joué un tour
Comme
je le disais, j’aurais aimé rouler davantage en
avant du peloton, mais la pluie nous a causé des ennuis
toute la fin de semaine. En course, dimanche, on avait réglé
la voiture en fonction d’une piste sèche, mais
les prévisions météorologiques se sont
avérées inexactes et quand ça s’est
mis à tomber, notre voiture n’avait pas ce qu’il
fallait pour être compétitive.
En
plus, nous avons eu un petit problème dans les puits
quand un pilote de Team Australia a failli me rentrer dedans.
J'ai également fait une petite erreur dans le dernier
tour en essayant de dépasser Neel Jani pour la cinquième
place.
Jani
était plus lent que moi, mais je n’ai jamais été
capable de le dépasser. J’ai d’abord tenté
ma chance dans le virage numéro 1, mais quand il m’a
vu dans ses rétroviseurs, il a court-circuité
la chicane pour se donner une avance, geste que je n’ai
pas trouvé très fair. J’ai poussé
super fort pour le rattraper et j’ai fini par y parvenir.
Je suis rentré un peu trop fort dans le virage 12, j’ai
touché au gazon humide et ça s’est mis à
glisser. Le temps que je ressorte, je m’étais fait
passer par deux voitures.
J’avais
eu plus de chance auparavant lors d’un dépassement
sur mon coéquipier Justin Wilson. Je me suis pointé
à toute vitesse dans le coin numéro 7 et j’espérais
qu’il me laisse passer parce que l’ouverture se
resserrait rapidement. Heureusement, Justin est un pilote très
respectueux et on a réussi à donner un bon spectacle.
Après
la course, je me disais que j’aurais peut-être dû
me contenter de ma sixième place et jouer plus conservateur
dans le dernier tour, mais cette pensée a vite quitté
mon esprit. Une cinquième place, c’est mieux qu’une
sixième et on doit toujours viser le meilleur résultat
possible, pousser la voiture au maximum. Certains pilotes se
seraient peut-être assis sur leur position, mais je suis
un fighter. Je ne voulais pas abandonner jusqu’au dernier
virage.
Je
crois qu’on avait la voiture pour terminer quatrième
et que n’eut été de la pluie, le Top 5 était
à notre portée. En bout de ligne, ce n’est
quand même pas si mal. Il y a encore place à amélioration
sur les circuits routiers, mais il y a de bonnes chances pour
qu’on soit encore plus compétitifs la semaine prochaine
dans les rues de Toronto.
On
se reparle donc cette semaine. Pour l’instant, le party
m’attend…
*Propos
recueillis par RDS.ca
Week-end
constructif à Portland
(tiré de RDS.ca)
12-juin
- Après un long congé de près de deux mois,
j’étais de retour dans ma monoplace de la série
Champ Car en fin de semaine pour l’épreuve de Portland.
Ce fut un week-end satisfaisant dans les circonstances. Nous
avons commis quelques erreurs, mais nous avons appris nos leçons
et je suis persuadé que nous quittons l’Oregon
meilleurs que nous l’étions à notre arrivée.
Nous
avons débuté la fin de semaine avec une quatrième
place lors de la première séance de qualifications,
un résultat satisfaisant compte tenu du fait que nous
n’avions presque pas roulé vendredi. Il tombait
des cordes et nous avons décidé de rouler avec
de vieux pneus de pluie pour garder notre meilleur train pour
la course. Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’il
ne nous servirait finalement même pas en course. On n’a
donc pas été en mesure de faire une bonne lecture
de notre voiture en matinée.
En
après-midi, la pluie n’avait pas cessé et
j’ai roulé avec des pneus neufs pour la première
fois. Vous vous demandez peut-être pourquoi nous avons
pris la peine de sortir les voitures sous la pluie. L’explication,
c’est qu’il y a un règlement dans la série
Champ Car qui veut que le détenteur du meilleur temps
de la deuxième séance s’assure d’une
place sur la première ligne de départ, même
si son temps est moins vite que celui qui a réussi le
deuxième meilleur temps en matinée. La pôle
était peut-être inaccessible, mais on avait une
chance de prendre la deuxième place.
Après
mes deux premiers tours, je détenais le meilleur temps,
ce qui a réjoui tout le monde dans l’équipe.
Sur mon troisième tour, je me suis aperçu que
j’allais rejoindre Sébastien Bourdais. J’ai
décidé de ralentir et de me lancer sur un quatrième
tour. Il paraît que l’équipe de Bourdais
lui a signalé que j’arrivais sur un tour rapide
et lui a demandé de me laisser passer, mais il ne l’a
pas fait et s’est retrouvé dans mes jambes.
J’ai
trouvé ça bizarre, mais ils ont quand même
bien joué leurs cartes parce que j’étais
un de ceux qui pouvaient repousser le Français sur la
grille de départ. Je n’ai aucune preuve que l’obstruction
était intentionnelle, mais disons qu’il était
au mauvais endroit au mauvais moment.
Nous
sommes donc partis du quatrième rang, mais nous n’avons
pas géré la course comme nous aurions dû
le faire.
Premièrement,
la voiture était difficile à conduire parce que
nous roulions sur des pneus usés. Comme la course s’est
déroulée sans drapeau jaune, certaines équipes
ont décidé de faire des segments de course plus
courts et de quitter les puits aussitôt que les pneus
étaient changés. En bref, ils mettaient du carburant
pendant le changement de pneus, c’est-à-dire sept
ou huit secondes, pas plus. Moins de temps entre les arrêts
veut dire une voiture plus légère, des pneus moins
usés et une voiture plus facile à conduire en
fin de segment. Résultat : mes adversaires ont été
plus constants tout au long de la course.
De
notre côté, nous avons fait notre premier arrêt
un peu trop tôt. Nous avions encore du carburant, mais
l’équipe a été conservatrice. Ensuite,
il y a eu manque de communication à quelque part et ce
qui devait être au départ un arrêt court
s’est transformé en arrêt long. Non seulement
nous avons perdu du temps dans les puits, mais une fois de retour
sur la piste, ma voiture était plus lourde que celle
des autres. Je suis rentré quatrième et je me
suis retrouvé au 11e rang.
Pendant
le reste de la course, il a fallu que je me batte pour remonter
jusqu’au cinquième rang, au grand plaisir de l’équipe.
En Champ Car, quand il n’y a aucun drapeau jaune, ton
premier arrêt va guider ta stratégie pour le reste
de la course. Ça nous a nui, mais nous n’avons
pas abandonné et en bout de ligne, nous sommes parvenus
à nous sortir d’impasse. Nous demeurons au quatrième
rang au championnat sans trop perdre de terrain sur Robert Doornbos.
On
s’aperçoit que la compétitivité est
de plus en plus forte sur le circuit et la seule façon
de battre Bourdais et de récolter des podiums, c’est
d’être complètement parfait dans notre stratégie
et l’exécution des arrêts aux puits. Ça
sera donc un aspect qu’il sera important d’améliorer
pour les prochaines courses, parce que ce sont des petites erreurs
qui finissent par coûter cher.
Je
peux vous l’illustrer concrètement. Pour finir
en troisième place, il aurait suffi de rouler un dixième
de seconde plus vite par tour. Ce n’est rien, des poussières,
mais ça m’aurait donné un podium et tout
ça aurait été possible simplement en roulant
avec une voiture plus légère.
À
ce niveau, il y a des choses qu’on a comprises et on a
appris beaucoup en fin de semaine. D’une certaine façon,
c’est bon ce qui nous est arrivé. Les prochaines
courses vont être encore plus difficiles, plus importantes
et si on se retrouve dans la même situation, il va falloir
être prêt.
Départs
arrêtés
Pour
la première fois de son histoire, la série Champ
Car avait décidé d’instaurer le départ
arrêté pour la course de Portland et je dois dire
que j’ai bien aimé l’expérience même
si j’ai perdu une place dès les premiers mètres.
Will
Power a connu un excellent départ et comme j’étais
à l’extérieur, j’ai essayé
de passer Bourdais. On s’est retrouvé à
trois de large dans le premier virage et il n’y avait
plus vraiment de place pour moi. J’ai décidé
de ne pas trop forcer la note pour ne pas me retrouver KO avant
même que la course soit entamée.
Je
ne sais pas exactement quand, mais je sais que l’expérience
sera répétée. Il n’y a rien de coulé
dans le béton, mais la série Champ Car a cette
facilité de changer certains règlements en cours
de route. Ce sera assurément le cas à Cleveland,
un endroit tout désigné pour ça. Il y a
eu des problèmes lors des départs dans les années
passées sur ce circuit à cause de la largeur de
la piste. En faisant le départ arrêté, tu
ne donnes pas l’avantage à ceux qui sont derrière
de profiter de l’aspiration et de faire des gestes de
cabochons dans le virage numéro 1.
Sur
les circuits de ville, ça sera plus difficiles de changer
le règlement parce qu’il y a des endroits où
la ligne droite n’est pas assez large pour laisser les
voitures passer si un pilote cale son moteur sur la grille.
Un
bon show
Lundi
et mardi matin prochain, nous allons effectuer d’importants
tests sur le circuit d’Elkhart Lake, dans le Wisconsin.
Après, c’est le retour d’un calendrier plus
régulier avec la course de Cleveland.
J’apprécie
le circuit de Cleveland parce qu’il est large et qu’il
pardonne les erreurs. Pour que tu frappes quelque chose à
Cleveland, il faut que tu sois hyper malchanceux. Ça
donne toujours des courses excitantes avec des méchants
dépassements. La piste est très rapide et les
spectateurs en ont généralement pour leur argent.
Contrairement à Portland, où il faut quasiment
être kamikaze pour dépasser, à Cleveland,
tous les éléments sont là pour donner un
bon show. Ça devrait être une bonne course.
On
se reparle dans deux semaines.
Propos
recueillis par RDS.ca
Tremblant:
tout un circuit
Alexandre Tagliani
Au cours de la dernière semaine, nous avons eu la chance
de faire des essais sur le circuit du Mont-Tremblant, là
où aura lieu l’épreuve québécoise
de la série Champ Car, le 1er juillet prochain.
Nous
sommes chanceux de pouvoir rouler sur une piste comme celle
de Tremblant. Le circuit est super rapide. Ça faisait
drôle de retourner sur une piste que j’ai connue
il y a longtemps. C’est à cet endroit que j’ai
fait ma première course en monoplace. Ça se passait
en Formule Ford, en 1995.
Disons
qu’il y a une énorme différence entre le
circuit de Tremblant et le circuit Gilles-Villeneuve. Même
s’il est permanent, je considère que le circuit
Gilles-Villeneuve en est un de ville car il y a plein de murs
et de « guard rails » qui l’entourent.
Le
défi n’est également pas le même.
Sur le circuit de l’Île Notre-Dame, les lignes droites
sont entrecoupées par des virages serrés, des
chicanes et des épingles. Pour ce qui est de Tremblant,
on parle d’un circuit routier. Les virages sont hyper
rapides. Le feeling n’est pas le même lorsque tu
peux prendre des virages à 155 milles à l’heure.
Le
seul autre circuit qui est de la trempe de Tremblant au niveau
de la vitesse, c’est celui d’Elkhart Lake. Bref,
Tremblant possède un super circuit. Il n’est pas
facile et donne beaucoup de défis, mais en même
temps, il est très agréable à conduire.
Quelques
modifications à apporter
Les
autres pilotes présents lors de ces essais ont également
beaucoup apprécié le circuit. Il est certain toutefois
que nous aimerions apporter certaines modifications au niveau
de la sécurité. Le tracé est fantastique,
mais il manque un peu de distance dans les échappatoires.
Pour rendre le tout plus efficace, il faudrait enlever de l’herbe
à certains endroits pour mettre des bacs à gravier.
Lors
de nos essais, on a aussi beaucoup parlé de la présence
de chevreuils. Évidemment, cela représente un
problème et nous en sommes très conscients, surtout
avec ce qui est survenu avec Cristiano da Matta en août
dernier. Toutefois, les responsables du circuit ont pris beaucoup
de précautions à ce sujet. Des clôtures
ont été ajoutées autour de la piste et
ils en ont aussi mises derrière la piste. Ce qui s’est
produit jeudi et vendredi derniers, c’est que certains
chevreuils s’étaient glissés entre la piste
et la clôture avant la tenue des essais et ceux-ci n’avaient
pas été repérés. Je crois que le
tout sera réglé avant la fin de semaine de course.
De
retour en piste
C’est
le week-end prochain (8-9-10 juin) que nous reprendrons le collier
en série Champ Car avec l’épreuve de Portland,
nous qui sommes en « congé » depuis le 22
avril.
Nous
avons profité de cette longue période pour effectuer
des essais à Portland et à Tremblant. Nous avons
découvert de nouvelles choses sur la voiture et nous
avons hâte de les mettre en pratique pendant une course.
Ce
laps de temps a été bénéfique pour
nous. Nous n’avions pas pris le temps nécessaire
pendant la période hivernale pour développer la
voiture. Il était donc important pour nous de bien profiter
de ces semaines pour améliorer certaines choses.
Horaire
chargé
Malgré
cette longue période d’inactivité en Champ
Car, je dois dire que mon horaire est on ne peut plus chargé.
Vendredi, j’ai quitté Tremblant en hélicoptère
pour me rendre à Dorval. De là, j’ai pris
l’avion pour le Connecticut afin de prendre part à
une épreuve de la série Grand AM, lundi. J’ai
malheureusement été contraint à l’abandon
lors de cette course.
Présentement,
je suis à Lansing, au Michigan, afin de modifier mon
banc sur ma monoplace.
En
fait, depuis la première course de la saison à
Las Vegas, je n’ai passé que cinq nuits dans mon
lit. Ces temps-ci, j’ai fait beaucoup de promotion pour
le Tour du vainqueur avec Wal-Mart. J’ai fait aussi beaucoup
de travail en rapport avec des commanditaires, j’ai fait
de la promotion pour la course de Toronto et pour celle de Trois-Rivières.
Disons que je n’ai pas vraiment le temps de m’ennuyer.
Une
pause qui sera salutaire
Alexandre Tagliani
Dimanche 29 avril 2007-
Je vais passer les prochains jours à Portland pour y
faire des essais avec ma voiture Champ Car. Comme il y a une
longue pause avant la prochaine course, cet arrêt sera
salutaire à notre équipe, qui n'a pas eu l'opportunité
de rouler beaucoup en essais privés avant le début
de la saison.
La
prochaine épreuve aura justement lieu à Portland
le 10 juin.
On
en profitera pour trouver nos repères pour le reste de
la saison. Nous avons eu trois courses collées et nous
n'avons pas eu le temps de prendre un recul pour améliorer
la voiture. Je pense que cet arrêt arrive à un
bon moment compte tenu du fait que je cours avec un nouveau
bolide.
L'équipe
va avoir du temps d'apporter des changements pour l'améliorer.
Il faut profiter au maximum de nos séances en piste parce
que Champ Car impose des règles strictes à ce
sujet. C'est-à-dire que nous ne pouvons pas faire plus
de 600 milles d'entraînement en piste durant la saison.
Comme nous sommes limités à ce niveau, nous allons
probablement diviser nos entraînements en quatre périodes
d'essais de 150 milles pendant la saison.
C'est
pourquoi, les bilans sont très importants après
chaque course. Les trois premières épreuves sur
circuit routier nous ont donné des repères pour
les autres courses sur ce type de piste. Ça va nous servir
notamment à Toronto, San Jose et en Australie.
J'aime
mon équipe, qui est très compétente. Au
niveau budgétaire, nous ne sommes certes pas les plus
riches mais nous sommes loin d'être les derniers. Comme
les voitures sont presque identiques, l'important est faire
des essais pour la mettre à ma main et trouver mes repères.
Je pense que je vais arriver à des bons résultats
bientôt.
Début de saison concluant
Je
suis très satisfait de mon début de saison parce
que nous sommes presque toujours compétitifs. Comme il
y a six séances en piste par course, si on compte les
qualifications, je dirais qu'une seule fois nous n'avons pas
été compétitifs à mon goût
en 18 séances. C'était lors des qualifications
de Houston.
À
Houston, j'ai terminé au neuvième rang lors d'une
course marquée par plusieurs dépassements. Nous
avons eu des ennuis au niveau de la ventilation lors des ravitaillements
en essence. Ce pépin m'a forcé à effectuer
cinq arrêts aux puits, ce qui a ultimement causé
ma perte. Chaque fois que je m'arrêtais, j'étais
en bonne position en piste mais comme je perdais un temps fou
dans les puits, je sortais loin derrière.
J'ai
donc effectué plusieurs dépassements en course,
ce que j'ai bien aimé. Il y a certains pilotes que j'ai
dépassés trois fois.
Les
ennuis m'ont relégué en quatrième place
au classement mais au moins, j'ai été en mesure
de gruger des points à Will Power, qui a terminé
derrière moi. Je suis bien heureux de ma position actuellement.
Lors
de mon premier arrêt, j'étais septième et
je me suis retrouvé dernier à mon retour en piste.
Tout était à recommencer. Comme le réservoir
à essence n'était pas plein, j'ai été
dans l'obligation de rentrer deux fois de plus pour remplir
le réservoir au complet. Par la suite, je suis remonté
jusqu'en sixième place.
Après
le dernier ravitaillement, je suis passé de la cinquième
à la dernière place encore une fois. J'ai réussi
à revenir jusqu'en neuvième position.
J'ai
été dernier trois fois à cause des arrêts
aux puits et une fois à la suite d'un impact avec la
voiture de Katherine Legge. Compte tenu des circonstances, je
suis content du résultat. Sans ces ennuis, j'aurais été
plus haut au championnat.
Série Grand Am
Entretemps,
je poursuis ma saison en série Grand Am où je
me sens de plus en plus à mon aise. Une fois que tu connais
la voiture, tu adaptes ton pilotage en conséquence. Je
trouve cela très facile maintenant. Ce que je trouve
toutefois difficile par contre, c'est de ne pas passer beaucoup
de temps loin de la maison. Au moins, ça me permet de
rester en contact avec la piste entre les épreuves de
Champ Car. C'est bien beau l'entraînement physique comme
du vélo de montagne ou du jogging mais ça ne remplace
jamais la sensation d'avoir un volant entre les mains.
Ma
voiture Grand Am est toute récente et son développement
est encore embryonnaire. Je dirais que malgré tout, nous
sommes compétitifs. D'ailleurs j'ai réalisé
un record de piste à Daytona. Au Mexique, j'ai été
parmi les trois premiers, avant d'avoir un problème dans
les puits. À Homestaed, j'étais deuxième
avant de me faire rentrer dedans alors que ce week-end en Virginie,
j'ai eu des ennuis avec la boîte de vitesse.
Tous
ces ennuis sont tout à faire normal selon moi parce qu'il
s'agit d'une nouvelle voiture qui a été montée
un mois seulement avant le début de la saison. Dans le
fond, je teste pendant les courses. Il faut donc trouver le
moyen d'être plus constant et de parvenir à garder
les pneus durant un segment complet. La prochaine course aura
lieu à Laguna Seca dans deux semaines. Tranquillement
pas vite, les choses s'améliorent.
*propos recueillis par RDS.ca
Des
résultats satisfaisants jusqu'ici
Alexandre Tagliani
Lundi 16 avril 2007-
Après une quatrième place à Las Vegas la
semaine dernière, j’étais à quelques
tours de monter sur le podium à Long Beach, mais une
neutralisation et le mauvais état de mes pneus m’ont
forcé à céder quelques places et j’ai
finalement dû me contenter du cinquième rang.
Après
avoir passé Simon Pagenaud au départ et Will Power
lors d’une relance, j’étais troisième
quand un drapeau jaune a été agité au 72e
tour. Jusque-là, on était correct, mais quand
j’ai vu ça, je savais que j’aurais de la
difficulté à garder ma position à la relance
de l’épreuve. Pourquoi? Mes pneus étaient
surchauffés et on avait mis trop de pression dedans lors
du dernier arrêt aux puits, ce qui fait que la voiture
manquait d’adhérence et glissait un peu partout.
En plus, on n’avait plus de push-to-pass.
Les
gens qui regardent la course ne se rendent pas nécessairement
compte de ces petites choses, mais au sein de notre équipe,
on savait qu’on n’avait plus vraiment les outils
pour se défendre quand la course a repris au 76e des
78 tours de l’épreuve. On manquait de compétitivité
et ça allait être très difficile d |